Dans la chefferie de Babila Babombi, en territoire de Mambasa, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante après de nouvelles attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF). Selon les autorités coutumières locales, 47 corps sont toujours abandonnés dans plusieurs carrés miniers, faute de conditions sécuritaires permettant leur récupération et leur inhumation.
Des corps abandonnés dans plusieurs sites miniers
Le drame s’est déroulé entre la dernière semaine de juillet et le 2 août dans plusieurs zones minières du groupement Bandimboyo, selon les informations communiquées par les autorités coutumières.
Les carrés miniers de Pakwa, Pondo, Longue histoire et Munguiko sont particulièrement concernés. D’après le chef de ces entités, Mwami Kiba Mbida Josias, 30 corps auraient été retrouvés à Pakwa, sept à Pondo et dix autres dans une église située à Munguiko.
Au total, 47 victimes seraient ainsi privées de sépulture plusieurs jours après les attaques.
La présence persistante d’assaillants dans la zone empêcherait les familles et les autorités locales d’accéder aux sites concernés pour récupérer les dépouilles.
Les autorités locales demandent l’appui des FARDC
Face à cette situation, le Mwami Kiba Mbida Josias appelle les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à sécuriser les zones concernées afin de permettre l’évacuation des corps.
« J’attends l’accompagnement de l’armée pour partir enterrer ces corps car l’ennemi circule encore dans la zone », a-t-il déclaré.
L’appel traduit la vulnérabilité persistante des populations civiles dans plusieurs secteurs de Babila Babombi, où l’insécurité entrave jusqu’aux opérations humanitaires les plus élémentaires.
Pour les autorités coutumières, la priorité est désormais de sécuriser les carrés miniers afin de permettre aux familles d’accéder aux victimes et d’organiser les obsèques dans des conditions dignes.
Un appel à l’évacuation des survivants
Craignant de nouvelles attaques, l’autorité coutumière demande également aux habitants encore présents dans la région de quitter temporairement les zones exposées.
« J’exhorte la population à quitter la contrée pour permettre à l’armée de faire son travail », a indiqué le Mwami Kiba Mbida Josias.
Cet appel intervient alors que les activités minières et agricoles, essentielles à l’économie locale, sont fortement perturbées par l’insécurité. Plusieurs populations ont déjà été contraintes de fuir leurs lieux de vie et de travail face aux attaques répétées.
Les zones minières toujours exposées aux violences
À Mambasa, les carrés miniers constituent depuis plusieurs années des espaces particulièrement vulnérables aux incursions des groupes armés. La présence de ressources aurifères et l’isolement de certaines zones compliquent davantage leur sécurisation.
Les violences attribuées aux ADF affectent ainsi à la fois les populations civiles et l’activité économique locale. Dans plusieurs cas, l’exploitation minière artisanale se retrouve paralysée, tandis que les habitants abandonnent leurs sites et leurs moyens de subsistance.
Le nouveau bilan rapporté par les autorités coutumières souligne surtout l’urgence d’une intervention sécuritaire permettant d’abord de récupérer les dépouilles et de protéger les survivants. Il rappelle également que, dans certaines zones de Mambasa, l’accès aux victimes demeure lui-même conditionné par la capacité de l’État à reprendre durablement le contrôle du territoire.
Azarias Mokonzi




