En marge des obsèques de l’Honorable David Afounde Gbalanga à Watsa, le Gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, a tenu le dimanche 25 octobre 2026 une séance de travail avec la direction de Kibali Gold Mine. La sécurité, la lutte contre Ebola et l’avenir du partenariat entre la province et l’opérateur aurifère ont dominé les échanges.
C’est à Doko, dans la grande salle de la GCS, que le Chef de l’Exécutif provincial a été reçu par les dirigeants de Kibali Gold Mine. Il était accompagné du Président de l’Assemblée provinciale, du Vice-Gouverneur et de plusieurs membres du Gouvernement provincial.
« Nous sommes là pour les obsèques de l’Honorable David Afounde, mais aussi en inspection. Nous avons eu l’appui de Kibali pour la deuxième fois, nous avons profité pour remercier de vive voix. Merci aussi parce que Kibali appuie la Police dans la lutte contre la criminalité urbaine », a déclaré Jean Bakomito Gambu devant la presse.
Une province durement frappée par Ebola
La rencontre intervient alors que l’épidémie continue de peser sur la province. Le Haut-Uele a déjà enregistré 359 cas confirmés, 173 décès et 146 guérisons dans les zones de santé touchées, selon le bilan examiné le 6 octobre 2026 lors de la 34ᵉ réunion extraordinaire du Conseil des ministres provincial, à Isiro, au cours de laquelle les autorités ont aussi pris acte d’un premier cas confirmé dans la zone de santé de Dungu. L’épidémie, due au virus Bundibugyo, avait été déclarée en Ituri à la mi-mai avant de s’étendre au Haut-Uele fin juin.
Ce que Kibali a mis sur la table
Dès le début de l’épidémie, la mine a pris des mesures en interne. En mai, Barrick, l’opérateur, a indiqué avoir renforcé ses précautions à Kibali avec des dépistages et un suivi des travailleurs, incluant des contrôles quotidiens de température et des campagnes de sensibilisation. Une vigilance justifiée : une partie des employés de Kibali sont originaires de l’Ituri, foyer initial de l’épidémie.
L’appui s’est ensuite étendu à la riposte provinciale. Le 1er septembre 2026 à Durba, en territoire de Watsa, le Gouvernement provincial et Kibali Gold Mine ont officialisé la remise d’un important lot d’équipements : 51 000 masques, 51 000 paires de gants médicaux, 500 lunettes de sécurité, 100 thermoflashs, deux ambulances Toyota Land Cruiser, un corbillard, 28 lampadaires solaires et 13 tentes de 4 × 4 mètres, avec le bois et les bâches nécessaires à l’installation d’abris.
À cette occasion, le directeur des opérations, Tim Richard, a rappelé les initiatives déjà engagées par la société, notamment la construction d’un centre de traitement Ebola et l’installation d’un laboratoire de virologie à Durba. Un apport non négligeable dans une province où, en juillet, l’absence de laboratoire et de centre de traitement Ebola à Isiro était présentée comme un défi majeur de la riposte.
Miser sur le dialogue direct

Au-delà des remerciements, le Gouverneur a plaidé pour un dialogue permanent avec son partenaire minier, afin d’aplanir les éventuelles divergences et de renforcer la confiance mutuelle. Un message qui n’est pas anodin : quelques jours plus tôt, des habitants de Faradje bloquaient les véhicules de Kibali au village d’Abinva, sur l’axe Aru-Durba, réclamant réparation après le déversement d’un chargement dans la rivière Tanzi lors d’un accident survenu le 29 septembre. L’entreprise conteste la toxicité de la cargaison, affirmant qu’il s’agissait de chaux.
Pour la mine détenue à 45 % par Barrick (opérateur), 45 % par AngloGold Ashanti et 10 % par la SOKIMO, qui a produit 25 581 kg d’or en 2025, soit 98,8 % de l’or industriel enregistré en RDC, la relation avec la province et les communautés reste un enjeu aussi stratégique que la production elle-même.
MINES.CD




