Le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, près de Kolwezi, a nettement redressé sa production au troisième trimestre. Mais avec 212 146 tonnes produites depuis janvier, Ivanhoe Mines s’attend désormais à terminer 2026 dans le bas de sa fourchette annuelle.
Ivanhoe Mines a publié ce jeudi 8 octobre ses résultats de production pour le troisième trimestre 2026. À Kamoa-Kakula, son complexe cuprifère exploité en partenariat avec le chinois Zijin Mining et l’État congolais, qui détient 20 % du projet, la production de cuivre contenu dans les produits commercialisables a atteint 76 401 tonnes entre juillet et septembre.
Il s’agit du meilleur trimestre de l’année. Après 71 417 tonnes au premier trimestre et 64 328 tonnes au deuxième, la production a progressé de près de 19 % par rapport au trimestre précédent. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, le complexe affiche ainsi 212 146 tonnes.
Une remontée encore insuffisante pour sécuriser l’objectif annuel
Malgré cette amélioration, Ivanhoe Mines prévient que Kamoa-Kakula devrait terminer l’année dans le bas de sa prévision de 290 000 à 310 000 tonnes de cuivre, une fourchette que le groupe maintient inchangée.
Pour atteindre simplement le seuil de 290 000 tonnes, le complexe devra produire environ 77 900 tonnes au quatrième trimestre, soit un niveau légèrement supérieur à celui enregistré entre juillet et septembre.
L’écart avec les ambitions affichées en début d’année est important. En janvier, Ivanhoe Mines anticipait encore une production comprise entre 380 000 et 420 000 tonnes de cuivre contenu dans les concentrés en 2026. Le 31 mars, à l’occasion de la publication d’une étude technique actualisée, le groupe a ramené cette prévision à 290 000-330 000 tonnes de cuivre sous forme d’anodes : le plan minier révisé prévoit une période plus longue de travaux de développement souterrain et des rythmes d’avancement plus prudents. Fin juillet, la fourchette a encore été resserrée à 290 000-310 000 tonnes. Ces révisions s’inscrivent dans le prolongement de l’activité sismique et des venues d’eau qui ont affecté la mine souterraine de Kakula en 2025.
Kamoa et Kansoko relancent les cadences
Le redressement observé au troisième trimestre repose notamment sur l’amélioration des performances minières. Les cadences d’extraction à Kamoa et Kansoko ont augmenté de 30 %, dépassant désormais 700 000 tonnes de minerai par mois.
Cette progression est liée au renforcement des équipes, au démarrage de nouveaux chantiers d’abattage et à l’ouverture d’un nouvel accès souterrain baptisé Kahala, qui doit permettre d’accroître progressivement les volumes extraits.
Les trois concentrateurs du complexe ont traité 3,49 millions de tonnes de minerai au troisième trimestre, à une teneur moyenne de 2,22 % de cuivre. Ils ont produit 68 188 tonnes de cuivre en concentré, contre 61 134 tonnes au trimestre précédent.
Le groupe met également en avant les effets du Projet 95, dont les modifications ont été achevées en juillet. Le taux de récupération des concentrateurs des phases 1 et 2 a atteint près de 89 %, un niveau record selon Ivanhoe.
Anodes, blister, scories et fines : le détail des 76 401 tonnes
La production trimestrielle de 76 401 tonnes de cuivre se répartit entre plusieurs formes de produits.
La fonderie de Kamoa-Kakula a produit 61 506 tonnes de cuivre sous forme d’anodes, tandis que 2 347 tonnes sont sorties sous forme de blister traité à façon à la Lualaba Copper Smelter (LCS), à Kolwezi. Le complexe a également produit 5 645 tonnes de cuivre contenu dans des concentrés de scories.
À cela s’ajoutent 6 904 tonnes de cuivre contenu dans des fines à haute teneur, issues d’anciens stocks qui ne pouvaient pas être fondus. Après analyse et mesure, ces matériaux ont été mis en vente auprès de tiers. Ivanhoe prévoit de mettre en vente d’autres lots au quatrième trimestre.
L’acide sulfurique devient une source de revenus stratégique
La fonderie, dont la capacité nominale atteint 500 000 tonnes par an, reste toutefois sous-utilisée. Elle fonctionne actuellement à environ 60 % de ses capacités, en ligne avec la production de concentrés.
Elle produit néanmoins un sous-produit devenu particulièrement stratégique pour l’économie minière régionale : l’acide sulfurique.
Au troisième trimestre, Kamoa-Kakula en a produit 118 638 tonnes. Cet acide est vendu à des exploitants de la ceinture cuprifère congolaise, qui l’utilisent pour la lixiviation des minerais oxydés de cuivre et de cobalt.
Le prix net moyen obtenu par Kamoa-Kakula a à peu près doublé en un trimestre, à environ 900 dollars la tonne, avec une moyenne d’environ 950 dollars en septembre. Le groupe s’attend à ce que les prix restent élevés au quatrième trimestre.
Cette évolution constitue une source de revenus supplémentaire pour Kamoa Copper, mais elle pourrait aussi peser sur les coûts des producteurs de minerais oxydés du Lualaba et du Haut-Katanga, pour lesquels l’acide sulfurique représente un intrant essentiel.
Le solaire réduit la dépendance au diesel
Autre avancée mise en avant par Ivanhoe : la montée à pleine capacité, depuis le 23 septembre, de la centrale solaire hybride de Kamoa-Kakula, couplée à un système de stockage par batteries.
L’installation dispose de 433 MW-crête de panneaux solaires et de 1 107 MWh de capacité de stockage. Elle fournit 60 MW en continu, 24 heures sur 24.
Financée et exploitée par CrossBoundary Energy et Green World Energie, l’infrastructure a permis, selon Ivanhoe, de réduire d’environ 40 % la consommation de gasoil des groupes électrogènes en septembre par rapport à juillet.
Kamoa-Kakula prévoit désormais de doubler cette capacité à 120 MW dans les dix-huit prochains mois, grâce à des contrats d’achat d’électricité conclus avec Green World Energie et Lualaba Solar Company.
43 000 tonnes de cuivre en stock
À fin septembre, Kamoa-Kakula détenait par ailleurs environ 43 000 tonnes de cuivre invendu, contre 40 000 tonnes trois mois auparavant.
Le niveau des stocks constitue un autre élément à surveiller alors que le complexe cherche à accélérer sa production et à optimiser l’utilisation de sa fonderie.
Avec 212 146 tonnes produites sur neuf mois, Kamoa-Kakula devra donc faire légèrement mieux qu’au troisième trimestre pour atteindre le bas de sa fourchette annuelle. L’objectif de 290 000 tonnes reste à portée, mais la marge d’erreur est désormais étroite.
Ivanhoe Mines doit publier ses résultats financiers du troisième trimestre le 3 novembre, après la clôture des marchés.
Olito MUKINZI




