La mine de zinc de Kipushi, dans le Haut-Katanga, poursuit sa montée en puissance. Au troisième trimestre 2026, son concentrateur a atteint un nouveau record de production, porté par une teneur exceptionnelle du minerai et un taux de récupération inédit. Ivanhoe Mines estime que le site est en passe d’atteindre le haut de sa prévision annuelle.
Le concentrateur de Kipushi a produit 77 147 tonnes de zinc contenu dans les concentrés au troisième trimestre 2026, soit une progression de 10 % par rapport au trimestre précédent, a annoncé Ivanhoe Mines ce jeudi 8 octobre.
La production progresse sans interruption depuis un an : elle est passée de 52 700 tonnes au troisième trimestre 2025 à 61 444 tonnes au quatrième, puis à 65 044 et 70 177 tonnes sur les deux premiers trimestres de 2026. Au rythme du dernier trimestre, Kipushi affiche une cadence annualisée d’environ 309 000 tonnes de zinc, supérieure à sa fourchette de production prévue pour l’ensemble de 2026.
Sur les neuf premiers mois de l’année, la mine a déjà produit 212 368 tonnes de zinc. Elle se rapproche ainsi rapidement de sa prévision annuelle, comprise entre 240 000 et 290 000 tonnes.
La qualité du minerai fait la différence
La performance du troisième trimestre est d’autant plus remarquable que la progression ne repose pas sur une hausse des volumes traités.
Le concentrateur a traité 193 581 tonnes de minerai, un volume légèrement inférieur à celui du trimestre précédent. Mais la teneur moyenne en zinc a atteint un niveau record de 41,6 %, tandis que le taux de récupération s’est établi à 96 %, également un record pour le site.
Autrement dit, Kipushi extrait davantage de zinc à partir d’un volume de minerai relativement stable, grâce à la richesse exceptionnelle du gisement et à l’amélioration des performances métallurgiques du concentrateur.
Le mois de juillet a notamment établi un nouveau record mensuel, avec 26 560 tonnes de zinc produites.
Cette combinaison entre forte teneur et récupération élevée constitue l’un des principaux atouts économiques de Kipushi. Elle permet à la mine d’accroître sa production sans devoir augmenter dans les mêmes proportions les volumes de minerai traités.
Vers le haut de la fourchette annuelle
Avec 212 368 tonnes produites au 30 septembre, Kipushi devra encore produire environ 27 600 tonnes au quatrième trimestre pour atteindre le bas de sa prévision annuelle, fixé à 240 000 tonnes.
Pour atteindre le plafond de 290 000 tonnes, il lui faudrait en revanche produire près de 77 600 tonnes sur les trois derniers mois de l’année, soit un peu plus que le record du troisième trimestre.
La performance réalisée entre juillet et septembre rend donc crédible un atterrissage dans le haut de la fourchette annuelle, à condition que le concentrateur maintienne son rythme actuel au dernier trimestre.
C’est aussi le scénario que retient Ivanhoe Mines.
Le groupe présente d’ailleurs Kipushi comme l’une des plus importantes mines de zinc au monde. Selon le classement qu’il a établi à partir des données de S&P, le niveau de production attendu en 2026 placerait la mine au troisième rang mondial.
Un actif stratégique dans le Haut-Katanga
Cette montée en puissance renforce le poids de Kipushi dans le paysage minier congolais. Située à proximité de Lubumbashi, la mine bénéficie d’un gisement à très haute teneur, ce qui la distingue de nombreuses autres opérations de zinc dans le monde.
Pour Ivanhoe Mines, qui détient le projet en partenariat avec la Gécamines, la progression de Kipushi constitue également un relais de croissance important, alors que le groupe cherche à accroître sa production de métaux en République démocratique du Congo.
La performance intervient par ailleurs alors que le zinc s’échangeait ce jeudi autour de 3 760 dollars la tonne au London Metal Exchange, un niveau de prix favorable à la montée en puissance de la mine.
Une trajectoire à confirmer
Après ce nouveau trimestre de progression, Kipushi semble avoir franchi un palier opérationnel. L’enjeu du quatrième trimestre sera de vérifier si le site peut maintenir cette cadence et transformer son record trimestriel en performance annuelle.
Avec 212 368 tonnes déjà produites en neuf mois, la mine congolaise a d’ores et déjà parcouru l’essentiel du chemin vers son objectif annuel. Si le rythme du troisième trimestre se confirme, elle terminerait l’année autour de 289 500 tonnes, tout près du plafond de 290 000 tonnes.
Olito MUKINZI




