De retour d’une mission stratégique d’itinérance à Bunia, dans la province de l’Ituri, le président du Conseil d’administration de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO), François Kakese, et le directeur général, Yannick Nzonde Mulundu, affichent une volonté affirmée : sortir l’entreprise de sa léthargie et impulser une nouvelle dynamique de relance. Entre modernisation énergétique, assainissement des partenariats et restauration de la discipline sociale, le tandem assure vouloir privilégier les résultats aux promesses.
Une immersion au cœur des réalités de l’entreprise
La mission a débuté par une série de séances de travail à Bunia avec les cadres de l’entreprise et les représentants syndicaux. L’objectif était d’établir un diagnostic sans complaisance afin d’identifier les blocages structurels qui freinent depuis plusieurs années la croissance de ce géant minier congolais.
La nouvelle direction affirme vouloir privilégier une gouvernance fondée sur l’écoute, la proximité et une meilleure compréhension des réalités opérationnelles du terrain.
L’énergie, pilier de la relance industrielle

Convaincue qu’aucune industrie minière ne peut prospérer sans énergie, la délégation s’est rendue au barrage hydroélectrique de Budana, exploité en partenariat avec GreenTech. Pour la direction, ce site constitue un symbole fort de la modernisation en cours au sein de la SOKIMO.
« Sans électricité, il n’y a pas d’industrie. Tout commence par là », a martelé le directeur général Yannick Nzonde Mulundu, saluant les investissements consentis pour moderniser un système autrefois vétuste.
Le PCA François Kakese a, quant à lui, insisté sur la vision intégrée de l’entreprise.
« La SOKIMO, ce n’est pas seulement la mine. C’est aussi l’énergie », a-t-il souligné, estimant que cette approche constitue un levier essentiel pour le développement durable de la région.
Tolérance zéro face aux pratiques irrégulières
L’un des temps forts de cette mission a été une descente inopinée effectuée à plus de 30 kilomètres de Nizi, où la direction a pu constater certaines réalités du terrain liées à l’exploitation minière.
À cette occasion, le message adressé aux partenaires et aux équipes locales s’est voulu ferme : la relance de la SOKIMO devra s’accompagner d’une gestion plus rigoureuse des actifs miniers, d’une lutte renforcée contre l’exploitation illégale et d’une plus grande transparence dans les opérations.
« On a fait beaucoup de discours, ce n’est plus l’heure des discours. C’est l’heure du travail. Nous nous engageons à mobiliser des financements et à attirer des partenariats stratégiques pour la SOKIMO. En retour, chacun doit s’approprier cette relance », a insisté Yannick Nzonde.
Le social replacé au centre des priorités
Pour la nouvelle équipe dirigeante, la relance de la SOKIMO passe également par l’amélioration des conditions sociales des travailleurs. Un signal fort a déjà été envoyé avec la reprise du paiement régulier des salaires depuis deux mois dans le secteur de Kilo.
Pour François Kakese, la rémunération des agents constitue une exigence fondamentale.
« Tout le monde mérite un salaire. Dès lors que vous avez un emploi, vous méritez d’être rémunéré », a déclaré le président du Conseil d’administration.
Le soutien du gouverneur de l’Ituri
Cette nouvelle dynamique semble bénéficier de l’appui des autorités provinciales. Reçus par le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, les responsables de la SOKIMO ont obtenu un soutien affiché des autorités locales, qui voient dans cette relance un facteur potentiel de stabilité économique et sécuritaire.
Le gouverneur a notamment rappelé l’importance d’assainir le secteur aurifère afin de limiter les financements illicites des groupes armés.
« Lorsque nous sommes arrivés ici, notre mission principale était de régulariser l’exploitation de l’or, car c’est de là que proviennent les financements de plusieurs groupes armés. Ceux qui persistent dans l’irrégularité seront sanctionnés », a averti l’autorité provinciale.
Une nouvelle étape pour la SOKIMO
À l’issue de cette mission, le tandem Kakese–Nzonde laisse entrevoir une approche plus proactive, fondée sur des engagements concrets et une volonté affichée d’assainir la gouvernance de l’entreprise.
La direction affirme vouloir évaluer en profondeur la situation des sites miniers, identifier les pratiques irrégulières qui fragilisent le secteur et repositionner la SOKIMO comme un acteur central du développement minier national, conformément à la vision du président de la République, Félix Tshisekedi.
Le défi reste considérable. Mais à Bunia, les premières bases d’une relance axée sur les résultats semblent désormais posées.
Daniel Bawuna




