L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des accidents aux passages à niveau dans la ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Selon cette organisation de la société civile, l’intensification du trafic ferroviaire liée aux activités minières et logistiques constitue une menace croissante pour les populations locales.
Au cœur des préoccupations figure l’entrepôt logistique installé par la société Impala Terminals dans le village de Musompo, qui entraîne une circulation régulière de trains dans une zone où les infrastructures de sécurité restent insuffisantes.
Une série d’incidents au passage à niveau d’Arcadia
Dans un communiqué consulté ce vendredi 13 mars 2026, l’IPDHOR recense plusieurs incidents graves survenus récemment au passage à niveau d’Arcadia, l’un des points les plus fréquentés de la ville.
Le 18 décembre 2025, un taximan a trouvé la mort après une collision entre sa moto et un train. Quelques jours plus tard, un véhicule a échappé de justesse à une catastrophe en évitant un convoi ferroviaire au dernier moment, provoquant un mouvement de panique parmi les usagers de la route.
Plus récemment encore, un minibus de type Hiace est entré en collision avec un train au même endroit. Le véhicule a été gravement endommagé, mais les passagers ont réussi à s’en sortir sans pertes humaines.
Selon l’organisation, ces routes et passages à niveau ont été construits à une époque où le trafic ferroviaire était sporadique. Aujourd’hui, la reprise des activités de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) augmente considérablement les risques d’accidents.
Le corridor de Lobito pourrait accentuer les dangers
L’IPDHOR souligne également que l’augmentation du trafic ferroviaire est liée au développement des activités minières dans la région, notamment autour de l’entrepôt logistique d’Impala Terminals.
L’organisation pointe surtout l’absence de barrières de sécurité, de signaux d’alerte visibles et d’agents de régulation aux passages à niveau.
Avec le développement annoncé du Corridor de Lobito — un projet stratégique destiné à faciliter l’exportation des minerais vers l’océan Atlantique — le trafic ferroviaire pourrait encore s’intensifier dans les prochains mois.
Des mesures urgentes réclamées
Face à cette situation, l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale appelle à des mesures immédiates de la part des différents acteurs impliqués.
L’organisation demande notamment :
À la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) : l’installation de barrières de sécurité, de signalisations visibles aux passages à niveau, notamment à Arcadia, ainsi que le déploiement d’agents de sécurité.
Aux autorités provinciales du Lualaba : la réhabilitation des routes afin d’éviter les embouteillages sur les rails et la mise en place d’un plan global de sécurisation des zones à risque.
À Impala Terminals : une contribution, dans le cadre de sa responsabilité sociétale, à l’amélioration des dispositifs de sécurité autour de ses installations logistiques.
Un enjeu humain et économique
Pour l’IPDHOR, ces incidents ne constituent pas seulement un danger pour les populations locales. Ils pourraient également perturber la stabilité des opérations minières dans la région, l’une des principales zones de production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo.
L’organisation appelle ainsi les autorités et les entreprises concernées à agir rapidement afin d’éviter de nouveaux drames et de protéger les communautés riveraines.
Dan Bawuna




