La Société civile du peuple (SOCIPE) du Kasaï Central a officiellement sollicité l’intervention des autorités nationales afin de faire la lumière sur les conditions d’exploitation des ressources minières dans la province. Dans une correspondance datée du 15 juin 2026, adressée au ministre des Mines et transmise à plusieurs institutions de la République, l’organisation citoyenne demande la mise en place d’une commission mixte chargée de mener des investigations approfondies sur le secteur.
Le document a notamment été envoyé au Président de la République, à la Primature, à l’Inspection générale des mines ainsi qu’à différentes autorités provinciales concernées.
Selon la SOCIPE, des enquêtes réalisées pendant plus de deux mois dans les cinq territoires du Kasaï Central auraient révélé une exploitation minière dominée par des opérateurs expatriés et certains acteurs nationaux. L’organisation estime toutefois que les bénéfices générés par cette activité ne se traduisent pas par des améliorations significatives des conditions de vie des populations locales.
Dans son mémorandum, la structure citoyenne souligne que les zones d’exploitation continuent de faire face à un déficit important en infrastructures de base. Elle cite notamment le manque de routes praticables, de centres de santé, d’établissements scolaires et de ponts, malgré l’existence d’activités minières susceptibles de générer des recettes importantes.
Face à ce constat, la SOCIPE plaide pour la création d’une commission mixte composée de représentants du cabinet du ministre des Mines, de l’Inspection générale des mines et de la société civile. Cette instance aurait pour mission de vérifier les conditions d’exploitation des ressources minières, d’évaluer les retombées économiques réelles pour les communautés locales et de formuler des recommandations visant à améliorer la gouvernance du secteur.
L’organisation insiste également sur la nécessité de garantir une meilleure canalisation des revenus miniers vers les caisses de l’État et vers les projets de développement communautaire dans les territoires concernés.
Selon les informations communiquées par la SOCIPE, plusieurs institutions nationales ont déjà accusé réception du mémorandum, notamment la Présidence de la République, la Primature et l’Inspection générale des mines.
À travers cette démarche, la société civile entend attirer l’attention des pouvoirs publics sur les défis liés à la gouvernance des ressources naturelles dans le Kasaï Central. Elle appelle à une exploitation plus transparente, plus responsable et davantage orientée vers l’amélioration des conditions de vie des populations vivant dans les zones minières.
Pour la SOCIPE, les ressources du sous-sol doivent constituer un véritable levier de développement local et contribuer à la réduction des inégalités dans une province qui dispose d’un important potentiel minier mais dont les populations continuent de faire face à de nombreux défis socio-économiques.
Pierre Kabakila




