L’exploitation minière clandestine et anarchique dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, représente un important manque à gagner pour la République démocratique du Congo. Selon plusieurs acteurs locaux, cette situation favorise la fraude, la contrebande et l’insécurité, au détriment des recettes publiques et du développement des communautés.
Face à la fuite des ressources et à la dégradation du climat sécuritaire, la société civile locale plaide pour une intervention plus ferme de l’État, notamment à travers un meilleur encadrement du secteur et le déploiement effectif de la brigade minière.
Une exploitation difficile à contrôler
Le territoire de Mambasa connaît une multiplication de sites d’exploitation artisanale opérant parfois en dehors de tout contrôle administratif. Cette situation profiterait à des réseaux de fraude qui écoulent les minerais hors des circuits officiels, privant ainsi l’État de revenus substantiels.
Selon plusieurs observateurs, une partie de la production minière quitte la province par des voies informelles vers d’autres régions du pays ou vers les pays voisins, compliquant davantage la traçabilité des minerais.
Un facteur d’insécurité
Pour Rams Malikidogo, acteur de la société civile de Mambasa, l’exploitation anarchique favorise également l’implantation de groupes armés dans certaines zones minières.
« L’exploitation anarchique offre une occasion aux groupes armés de se livrer au pillage minier à travers une exploitation illégale. C’est un danger et un manque à gagner pour l’État congolais », déclare-t-il.
Selon lui, les ressources extraites illégalement peuvent contribuer au financement d’activités criminelles, renforçant ainsi l’instabilité dans plusieurs localités.
Plaidoyer pour une exploitation mieux encadrée
Afin de réduire la fraude et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques, la société civile estime qu’un encadrement plus rigoureux des activités minières est nécessaire.
Pour Rams Malikidogo, le développement d’exploitations structurées permettrait notamment d’améliorer la traçabilité des minerais, de sécuriser les sites de production et d’assurer un meilleur paiement des taxes et redevances au profit de l’État et des provinces.
« Les industries minières structurées garantissent la traçabilité des minerais et le versement régulier des redevances minières. Elles peuvent également contribuer à réduire les sources de financement des groupes armés », soutient-il.
La brigade minière toujours attendue
La société civile insiste également sur la nécessité de rendre opérationnelle la brigade minière annoncée par le gouvernement afin de renforcer les contrôles sur les sites d’exploitation.
« La brigade minière doit être mise en œuvre pour y parvenir. Le gouvernement avait annoncé sa création, mais jusqu’à présent elle n’est toujours pas opérationnelle », regrette Rams Malikidogo.
Pour les acteurs locaux, le déploiement de cette structure spécialisée constituerait un outil important dans la lutte contre la fraude minière, la contrebande et l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Alors que l’Ituri demeure confrontée à de nombreux défis sécuritaires, la société civile de Mambasa appelle les autorités nationales à accélérer les réformes destinées à renforcer la gouvernance du secteur minier afin que les richesses du sous-sol contribuent davantage au développement local et aux finances publiques.
Azarias Mokonzi




