La qualité des études de faisabilité et l’accélération de la numérisation du Cadastre minier (CAMI) constituent aujourd’hui deux leviers stratégiques pour renforcer le climat des affaires et attirer davantage d’investissements dans le secteur minier congolais.
C’est le message porté par le Directeur général du Cadastre minier, Popol Mabolia, lors de la table ronde organisée par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), en marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week.
Intervenant sur les réformes destinées à améliorer l’attractivité du secteur minier, le patron du CAMI a insisté sur le rôle central des études de faisabilité dans le développement des projets miniers modernes.
« L’étude de faisabilité est la pièce angulaire de tout projet. Elle regroupe l’ensemble des aspects économiques, géologiques, financiers ainsi que les impacts liés au projet. C’est un document fondamental qui permet d’apprécier la viabilité d’un investissement minier », a-t-il affirmé.
Selon lui, ces études interviennent non seulement au stade de l’octroi des titres miniers, mais demeurent également des références tout au long du cycle de vie du projet.
Toutefois, l’expérience acquise par l’administration minière a mis en évidence certaines limites.
« Nous nous sommes aperçus que certaines études de faisabilité conservées au niveau du Cadastre ne correspondaient plus toujours à la réalité du terrain. Il existe parfois des écarts importants qui nécessitent des ajustements », a expliqué Popol Mabolia.
Le Directeur général du CAMI a notamment évoqué les mutations profondes enregistrées sur les marchés des matières premières au cours de la dernière décennie.
« Il y a dix ans, le cuivre se négociait autour de 4 000 à 5 000 dollars la tonne. Aujourd’hui, les prix ont considérablement évolué. Il est donc essentiel de disposer d’études de faisabilité de qualité permettant d’évaluer correctement les projets, d’anticiper les ajustements nécessaires et de garantir une exploitation durable des ressources », a souligné le DG.
La numérisation comme gage de transparence
Au-delà des aspects techniques, Popol Mabolia a mis en avant les avancées réalisées dans la modernisation de l’administration minière congolaise.
Pour lui, la transparence constitue désormais un facteur déterminant dans les décisions d’investissement.
« La transparence est un vecteur important pour attirer les investisseurs. L’investisseur doit avoir confiance dans les informations que nous mettons à sa disposition », a-t-il déclaré.
Le Cadastre minier figure aujourd’hui parmi les administrations publiques congolaises les plus avancées dans leur transformation numérique. Plusieurs services sont désormais accessibles en ligne, permettant aux investisseurs d’obtenir certaines informations à distance.
L’institution poursuit également un processus d’alignement de ses procédures sur les standards internationaux.
« Nous travaillons actuellement à répondre aux standards internationaux afin de garantir que les informations et les services fournis par le Cadastre respectent les meilleures pratiques internationales », a indiqué le DG du CAMI.
Vers un cadastre de proximité
Dans cette dynamique, le CAMI ambitionne de développer un « cadastre de proximité » afin de rapprocher davantage l’administration des opérateurs économiques.
L’objectif est de permettre aux investisseurs et aux sociétés minières d’effectuer, à terme, une grande partie de leurs démarches administratives à distance, sans devoir systématiquement se déplacer à Kinshasa.
« Notre vision est qu’un investisseur ou un opérateur situé à Bunia, Kolwezi ou ailleurs puisse demain acquérir un carré minier à partir de nos représentations locales ou directement en ligne », a expliqué Popol Mabolia.
À travers ces réformes, le Cadastre minier entend contribuer à l’amélioration continue du climat des affaires et consolider la position de la République démocratique du Congo comme destination privilégiée pour les investissements dans les minerais critiques et stratégiques.
Junior Ngandu




