La réforme annoncée du Code minier de la République démocratique du Congo ouvre un nouveau front de débat autour de la gouvernance des ressources naturelles. Quatre organisations de jeunesse appellent le gouvernement, le Parlement et les acteurs du secteur extractif à garantir une participation effective des jeunes dans ce processus, afin de faire de cette révision une réforme inclusive, durable et créatrice d’opportunités pour les générations futures.
Dans un communiqué publié à Kinshasa, la Ligue pour la Transparence dans le secteur Extractif (LITRASE), Action pour la Bonne Gouvernance (ABG), l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et Réinsertion sociale (IPDHOR) ainsi que l’Osillons Groupe estiment que la révision du Code minier ne devrait pas se limiter aux aspects fiscaux et économiques.
Pour ces organisations actives dans la gouvernance des ressources naturelles, cette réforme doit également intégrer les enjeux sociaux, environnementaux et humains liés à l’exploitation minière.
Une réforme qui doit intégrer la voix de la jeunesse
Les signataires saluent l’initiative des autorités congolaises de revoir le cadre légal du secteur minier, mais regrettent ce qu’ils considèrent comme une implication insuffisante de la jeunesse dans les consultations en cours.
Ils rappellent que les jeunes constituent la majorité de la population congolaise et seront directement concernés par les décisions prises aujourd’hui sur la gestion des ressources naturelles.
Selon eux, la révision du Code minier représente une opportunité majeure pour renforcer la transparence, améliorer la gouvernance et orienter davantage les revenus miniers vers le développement humain.
Ils demandent ainsi que les jeunes soient considérés comme des parties prenantes à part entière dans les consultations publiques, les commissions techniques et les différents cadres de dialogue consacrés à cette réforme.
Des propositions axées sur l’emploi et la transformation locale
Parmi les recommandations formulées, les organisations de jeunesse plaident pour l’intégration des principes de développement durable et de résilience climatique dans le futur Code minier.
Elles proposent également la création d’un fonds minier dédié aux générations futures, une meilleure représentation des jeunes dans les mécanismes nationaux et provinciaux de gouvernance minière, ainsi qu’un accès accru aux opportunités d’emploi dans les entreprises minières et les sociétés de sous-traitance.
La jeunesse appelle aussi à renforcer le transfert de compétences, la transformation locale des minerais et la transparence dans la gestion des revenus issus de l’exploitation minière.
Vers un nouveau pacte entre ressources naturelles et développement
Pour ces organisations, la réforme du Code minier ne doit pas être réduite à une simple actualisation du régime fiscal applicable aux entreprises extractives.
Elle doit plutôt constituer un véritable pacte intergénérationnel, capable de garantir que les richesses minières du pays contribuent durablement à la création d’emplois décents, à la stabilité sociale et au développement des communautés locales.
Elles insistent également sur la nécessité de renforcer le respect des obligations sociales et environnementales des opérateurs miniers, tout en encourageant le financement d’initiatives entrepreneuriales portées par les jeunes.
Un appel à une réforme participative
En définitive, les organisations signataires invitent le gouvernement, le Parlement, les compagnies minières, les partenaires techniques et financiers ainsi que l’ensemble des acteurs concernés à instaurer un processus réellement participatif.
Pour elles, l’enjeu dépasse la simple présence des jeunes autour de la table : il s’agit de leur permettre de contribuer directement à la construction d’un Code minier moderne, équitable et tourné vers l’avenir, capable de concilier exploitation des ressources naturelles et développement durable de la République démocratique du Congo.
Daniel Bawuna




