Une nouvelle occupation illégale est signalée depuis le 21 août sur une partie de la concession minière de Metalkol, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), près de Kolwezi, dans la province du Lualaba. L’entreprise affirme que des hommes armés en uniforme et des groupes de mineurs non autorisés exploitent à nouveau le site.
Selon des informations rapportées mercredi 9 septembre par Bloomberg, ERG estime que cette nouvelle intrusion intervient malgré les directives du président Félix Tshisekedi visant à mettre fin à la présence illégale de militaires sur les sites miniers.
L’entreprise affirme que les opérations se déroulent à une échelle importante. Des excavatrices et des camions seraient utilisés jour et nuit pour extraire et transporter des résidus miniers hors de la concession. ERG évalue à environ 700 tonnes par jour la quantité de matériaux qui quitteraient le site pour rejoindre des installations voisines exploitées par des intérêts chinois.
Metalkol dit également ne plus pouvoir accéder à la zone concernée en raison de la présence de militaires.
L’Inspection générale des mines, relevant du ministère des Mines, a confirmé avoir été informée de la situation. Elle indique que des mesures sont en cours afin de trouver une solution durable à ce problème. Les ministères de la Défense et de l’Intérieur ainsi que les autorités provinciales du Lualaba n’ont pas répondu aux sollicitations de Bloomberg.
Cette affaire intervient quelques mois après une première occupation de la même zone. En février, puis de manière plus intense à partir d’avril, une entreprise locale, la Société Coopérative Minière Hosanna, avait pris le contrôle d’une partie de la concession avec la protection de militaires congolais. Elle avait été évacuée à la suite d’une intervention des forces armées.
Hosanna avait soutenu disposer d’autorisations officielles pour intervenir sur le lit d’une rivière situé dans la concession. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait toutefois démenti avoir accordé une telle autorisation.
Le ministre des Mines, Louis Watum, a depuis révoqué l’agrément de cette coopérative. Il a également demandé à Metalkol de prendre des mesures urgentes pour dépolluer la rivière concernée, avec un délai de 45 jours.
ERG affirme collaborer avec les services environnementaux du ministère des Mines dans l’examen de cette situation, tout en précisant que cette coopération ne constitue pas une reconnaissance de sa responsabilité dans l’origine ou les causes de la pollution.
La concession de Metalkol comprend notamment d’importantes réserves de résidus miniers historiques. L’entreprise est devenue l’un des principaux producteurs de cobalt en RDC, derrière les groupes CMOC et Glencore, selon les données citées par Bloomberg.
La résurgence de ces occupations intervient alors que les autorités congolaises cherchent à renforcer le contrôle des activités minières artisanales et à limiter la présence de militaires dans les zones d’exploitation. En juillet, Félix Tshisekedi avait demandé au gouvernement de mettre définitivement fin à toute forme de militarisation illégale des sites miniers.
Pierre Kabakila




