Les activités pétrolières de Perenco dans le territoire de Muanda, au Kongo Central, exposeraient les populations riveraines à d’importants risques sanitaires et environnementaux. C’est la principale conclusion d’un nouveau rapport publié par Human Rights Watch (HRW), qui appelle le gouvernement congolais à rendre publics les résultats de l’audit environnemental lancé en 2024 sur les opérations de la compagnie.
Selon l’organisation de défense des droits humains, plusieurs pratiques observées sur les sites d’exploitation, notamment le torchage du gaz, le brûlage de déchets pétroliers et des déversements d’hydrocarbures, contribueraient à la pollution de l’air, des sols et des cours d’eau utilisés par les communautés locales.
Des habitants évoquent des problèmes de santé
Dans le cadre de son enquête, Human Rights Watch affirme avoir recueilli les témoignages de plusieurs habitants de Muanda, qui disent souffrir de troubles respiratoires, de maux de tête, d’irritations oculaires et d’autres problèmes de santé qu’ils associent à la pollution générée par les activités pétrolières.
L’organisation estime que ces préoccupations justifient une plus grande transparence sur l’état de l’environnement dans cette zone de production d’hydrocarbures.
HRW demande la publication de l’audit environnemental
Human Rights Watch exhorte les autorités congolaises à publier, dans les meilleurs délais, les conclusions provisoires de l’audit environnemental réalisé sur la concession de Perenco, ainsi que les données relatives à la qualité de l’air, de l’eau et des sols.
« Le gouvernement congolais devrait immédiatement publier les conclusions provisoires de l’audit environnemental portant sur la concession de Perenco et divulguer toutes les données de surveillance environnementale. Les résidents des communautés ont le droit de connaître l’étendue de la pollution dans leur environnement et les risques pour leur santé », a déclaré Agathe Bounfour, chercheuse principale sur les combustibles fossiles à Human Rights Watch.
Un audit toujours attendu
L’audit environnemental avait été lancé par les autorités congolaises en réponse aux nombreuses préoccupations exprimées au sujet des impacts des activités pétrolières dans la région de Muanda.
Toutefois, relève Human Rights Watch, aucun calendrier officiel n’a encore été communiqué concernant la publication du rapport final, tandis que les informations sur la qualité de l’environnement demeurent indisponibles pour le public.
Pour l’organisation, la publication de ces données permettrait d’évaluer objectivement l’ampleur des éventuelles pollutions et de mettre en œuvre, le cas échéant, les mesures nécessaires pour protéger les populations et préserver l’environnement.
Pierre Kabakila




