Lubumbashi. L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) appelle le président Félix Tshisekedi à renforcer l’application des lois environnementales dans le secteur minier. Dans un mémorandum rendu public, l’organisation dénonce ce qu’elle considère comme une forme d’impunité dont bénéficieraient certaines entreprises minières, malgré des accusations récurrentes de pollution.
L’ONG cite notamment trois sociétés opérant dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba : la Société Minière du Katanga (SOMIKA), Congo Dongfang International Mining (CDM) et Chemaf SA. Selon l’IRDH, ces dossiers illustreraient les faiblesses du contrôle environnemental dans un secteur stratégique pour la RDC, premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur de la production de cuivre.
Le cas de SOMIKA occupe une place centrale dans le mémorandum. L’IRDH revient sur deux incidents qui seraient survenus les 26 et 29 avril 2026 sur le site de Kwampisha, dans le territoire de Kipushi. L’organisation affirme que des effluents acides se seraient déversés sur une route avant d’atteindre la rivière Kasonta, un affluent de la Kibunduka. Une situation qui, selon elle, pourrait avoir des conséquences sur les ressources en eau, les activités agricoles, la biodiversité ainsi que la santé des populations riveraines.
Ces accusations avaient déjà suscité une vive polémique en juin dernier. SOMIKA avait alors rejeté toute responsabilité, affirmant que les analyses effectuées n’avaient révélé aucune pollution de la rivière Kibunduka. L’entreprise avait évoqué un incident technique rapidement maîtrisé et indiqué que les prélèvements réalisés présentaient un pH proche de 8.
Pour l’IRDH, ces événements ne constitueraient toutefois pas des faits isolés. L’organisation rappelle que des plaintes similaires avaient déjà été enregistrées en 2021, lorsque des habitants de la périphérie de Lubumbashi avaient dénoncé une dégradation de la qualité de l’eau et de l’air. À l’époque, les autorités provinciales avaient mis en place une commission d’enquête chargée notamment d’effectuer des prélèvements environnementaux.
L’ONG estime que la répétition de ces alertes pose la question de la responsabilité des entreprises minières, mais également de l’efficacité des mécanismes de contrôle, de prévention et de réparation en matière environnementale.
L’IRDH exhorte ainsi les autorités congolaises à renforcer les contrôles sur les activités minières, à faire respecter les obligations légales en matière de protection de l’environnement et de santé publique, et à garantir, le cas échéant, l’indemnisation des communautés affectées.
Pierre Kabakila




