A Shindaika et à Kasongo, deux chefferies du territoire de Kipushi, dans le Haut-Katanga, les enseignants décrient l’application du projet d’appui au secteur de l’éducation de MMG Kinsevere. Au village Muombe précisément, ils dénoncent l’arrêt des bourses scolaires, le manque de livres et la précarité des conditions socio-professionnelles à l’école primaire Neema. Pendant ce temps, à l’institut Kifita les enseignants se plaignent aussi de l’absence d’ateliers pour les options techniques, et du manque de bibliothèque scolaire. Des programmes pourtant prévus dans le cahier des charges de MMG Kinsevere pour la génération 2021-2025.
Mardi 30 juin dans le Haut Katanga, un vent violent soulève en spirale des feuilles mortes et débris légers de la cour de l’école primaire Neema au village Muombo. Les portes et fenêtres de l’école peintes en vert restent fermées depuis quelques jours. C’est la pause avant les grandes vacances, et les enseignants ont préféré passer du temps à Lubumbashi, à l’exception d’un petit nombre dont fait partie Kot akot Michel, que Mines.Cd a rencontré à quelques encablures de l’école Neema faisant le traitement des côtes. « On fait des efforts pour assurer l’essentiel, on le fait pour nos enfants. Beaucoup d’enseignants sont partis de l’école à cause des conditions professionnelles précaires et par le manque d’appui au secteur par MMG Kinsevere», déclare Kot-akot.
A ces jours, l’école primaire Neema compte 6 enseignants pour environ 448 élèves. Mais d’après Kot-akot l’institution scolaire manque de livres, de programme scolaire, de prévisions de matière ou encore des posters. Une situation qui fragilise l’enseignement et qui alimente des interrogations sur le projet d’appui au secteur de l’éducation retenu dans le cahier des charges de première génération 2021-2025 de MMG Kinsevere. « Par nos propres efforts, nous nous débrouillons pour avoir des livres par-ci par-là afin de tenir les enseignements», dit Kot-akot.
Des bourses scolaires suspendues

Image de Willy Mbuyu pour Mines.cd.
À l’école primaire Neema du village Muombo, un autre problème tient à la suspension des bourses scolaires par MMG Kinsevere. Un programme qui devrait pourtant voir le nombre de boursiers croître en passant de 75 à 100 élèves à partir de septembre 2023 dans les écoles du ressort de MMG Kinsevere. En plus, d’après le cahier des charges, les élèves du primaire bénéficiaires du programme devraient poursuivre leurs études dans les écoles secondaires partenaires de MMG comme le Lycée Lubusha, le Lycée Kwesu, le Collège Ima-Kafubu,et la Cité des jeunes. L’objectif était de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement d’une part et encourager la scolarisation de bon nombre d’enfants de l’autre part.
Seulement « A l’école primaire Neema, tout s’est arrêté. Avant MMG pouvaient venir pour donner des dons et encourager les 5 premiers élèves de chaque classe. Mais tout ça n’existe plus depuis 3 ans», déclare encore Kot-akot.
A la différence de l’école primaire Neema de Muombo, à l’école Kifita les enseignants affirment que le programme de bourses scolaires continue à s’appliquer uniquement au niveau primaire. « Pour ce qui est du niveau secondaire, le programme de bourses scolaires n’a jamais été lancé », déclare Bienvenue Kingombe, préfet des études.
Une situation qui contraste avec les engagements de MMG qui prévoyait dans le cahier des charges de première génération l’octroi de la bourse aux 10 meilleurs élèves de chaque promotion au niveau secondaire.
Les agents de l’entreprise en partenariat avec les CLDs et les responsables des écoles devraient procéder à cette sélection sur la base des performances scolaires.
Des Ateliers pour les options techniques se font encore attendre

En plus des difficultés liées au programme des bourses scolaires, l’institut Kifita manque également d’ateliers pour les options techniques dont la mécanique générale, et auto, l’électricité générale, la coupe et Couture. Pour l’heure, seul le bâtiment censé abriter les formations en coupe et Couture est construit. Son inauguration n’a pas encore eu lieu et son équipement se fait également attendre, tout comme la bibliothèque scolaire.
Pour donc concilier la théorie à la pratique, les élèves de l’institut Kifita doivent parcourir de longues distances pour atteindre Lubumbashi afin d’accéder à l’Institut National pour la Préparation Professionnelle . Mais les frais à payer pour les séances pratiques et les dépenses liées au transport pèsent énormément sur les économies de parents d’élèves « Pour la pratique les élèves doivent payer 25 USD aussi chaque jour il faut 12.000fc pour effectuer un aller-retour entre Kifita et Lubumbashi » précise Kingombe.
Une situation qui ne favorise pas l’amélioration de la qualité de l’enseignement d’autant plus que l’institut Kifita enregistre des cas d’abandon faute de moyens financiers, d’après le préfet des études bienvenue Kingombe. À l’image de l’école primaire Neema de Muombo et de l’Institut Kifita, les institutions scolaires de Mwawa, de Kimba, dans le rayon de Kifumanshi, connaissent également les difficultés liées au manque d’équipements.
MMG promet d’améliorer son intervention sociale

Face à ce tableau peu reluisant, MMG Kinsevere explique que certains ajustements se sont parfois avérés nécessaires au cours de l’exécution afin de tenir compte des réalités opérationnelles, de l’évolution des priorités communautaires et de considérations techniques. D’après l’entreprise minière, ces ajustements auraient été examinés et validés dans le cadre des structures de gouvernance prévues par le Cahier des Charges, en concertation avec les Comités Locaux de Développement, et sous la supervision du Comité Local de Suivi, des services étatiques compétents ainsi que d’autres parties prenantes publiques et privées concernées.
Toutefois, MMG Kinsevere reconnaît que le premier cycle de mise en œuvre du cahier des charges a généré des enseignements précieux tant pour l’entreprise que pour les communautés, les autres sociétés minières à travers le partage d’expériences de terrain, ainsi que pour les institutions d’accompagnement. MMG poursuit encore en disant que ces acquis constituent une base solide pour renforcer davantage l’efficacité, la transparence, la participation communautaire et l’impact durable des futures initiatives de développement.




