Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, fait face depuis mai dernier à une recrudescence des attaques attribuées aux ADF. Sur les 48 attaques documentées en trois mois par la société civile locale, au moins dix ont ciblé des zones d’exploitation minière, selon l’Association pour la promotion des droits des enfants et la protection des femmes vulnérables (APDEF).
Les violences attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de toucher plusieurs secteurs du territoire de Mambasa. Depuis mai, cette partie de l’Ituri est confrontée à une série d’attaques meurtrières qui affectent également les zones d’exploitation minière.
Selon les données communiquées par la société civile locale, 48 attaques ont été documentées en l’espace de trois mois. Parmi elles, au moins dix auraient directement ciblé des carrés miniers.
Dix zones minières ciblées
Rams Malikidogo, coordonnateur de l’ONG de défense des droits humains APDEF, cite notamment les sites de Pangoyi, Itembo, Tepe, Maroc, Mambau, Makumo, Pakwa, Bandimboyo, Camp Libération et Pumuzika.
« Au moins 10 attaques ont visé les sites d’extraction », affirme-t-il.
Pour cet acteur de la société civile, la multiplication des incursions dans les zones minières soulève des inquiétudes quant aux motivations économiques qui pourraient accompagner les violences.
Des otages utilisés pour l’exploitation de l’or
Selon Rams Malikidogo, certains habitants capturés lors de ces attaques seraient utilisés comme main-d’œuvre forcée dans l’exploitation aurifère.
« Ils sont en position de faiblesse et cherchent à se ravitailler. C’est pourquoi les otages sont exploités pour extraire l’or », soutient-il.
Cette pratique, si elle est confirmée, témoignerait d’une dimension économique des violences qui frappent les zones minières de Mambasa. L’or, ressource particulièrement convoitée dans cette partie de l’Ituri, pourrait ainsi constituer une source de ravitaillement pour les groupes armés opérant dans la région.
Des soupçons autour de certains Wazalendo
La situation est d’autant plus complexe que la société civile évoque également l’implication présumée de certains éléments se réclamant des Wazalendo.
Rams Malikidogo distingue toutefois les groupes qui combattent effectivement les ADF de ceux qu’il qualifie de « faux Wazalendo ».
« Il y a de véritables Wazalendo qui combattent les ADF. Malheureusement, il y a aussi des faux qui servent de béquilles à l’ennemi. Certains sont même soupçonnés d’être impliqués dans ces attaques pour contrôler ces gisements miniers », dénonce-t-il.
Ces accusations, qui mettent en cause certains acteurs armés locaux, nécessitent toutefois d’être établies par des enquêtes approfondies.
L’or au cœur des inquiétudes
Pour les acteurs locaux, le ciblage répété des zones minières révèle une possible dimension économique du conflit dans le territoire de Mambasa. Au-delà des violences contre les populations civiles, le contrôle des sites aurifères pourrait constituer un enjeu pour les groupes armés cherchant à assurer leur approvisionnement.
La société civile appelle ainsi à une attention accrue sur les zones minières, où l’exploitation des ressources se retrouve désormais étroitement liée aux enjeux sécuritaires et à la protection des populations.
Azarias Mokonzi




