Lualaba — 24 août 2026. Neuf personnes travaillant pour un sous-traitant opérant sur le site de Métalkol, dans la province du Lualaba, ont été enlevées vendredi 21 août par des hommes en uniforme présentés comme des militaires des FARDC, accompagnés, selon les informations rapportées, de ressortissants chinois. Les victimes ont été libérées dimanche 23 août dans la soirée.
Cet enlèvement intervient dans un contexte particulièrement préoccupant autour du village Saddam, où des acteurs de la société civile dénoncent depuis plusieurs semaines des incursions armées et des activités présumées d’exploitation et de pillage illégal de minerais.
Une nouvelle incursion dénoncée
Selon les témoignages rapportés par la société civile, les hommes armés auraient fait irruption sur le site avant d’enlever les neuf travailleurs. Les circonstances exactes de leur détention et les conditions de leur libération restent à établir.
Pour la société civile locale, cette nouvelle affaire constitue une « énième incursion militaire » visant à perturber les activités minières, empêcher l’accès au site et favoriser le pillage illégal des minerais.
Contacté par Afrikarabia, Timothée Mbuya, de l’organisation Justicia, affirme que cet enlèvement serait le deuxième enregistré sur le même site en l’espace d’un mois.
« Le mode opératoire est toujours le même pour piller. Les militaires viennent sur le site, imposent la terreur, font venir des personnes pour prendre le minerai et l’apporter dans des unités de traitement », dénonce le défenseur des droits humains.
Ces accusations, qui mettent directement en cause des éléments présentés comme appartenant aux FARDC ainsi que des ressortissants chinois, nécessitent toutefois des vérifications et des éclaircissements des autorités compétentes.
Une excavatrice à l’œuvre après la libération des otages
L’affaire prend une nouvelle dimension avec les informations faisant état, depuis ce lundi 24 août, de la présence d’une excavatrice au niveau du village Saddam. Selon les informations disponibles, l’engin serait utilisé pour charger du minerai dans des camions.
Cette situation soulève de nouvelles interrogations sur la sécurisation du site et sur l’identité des personnes ou structures autorisées à mener des opérations dans cette zone.
La succession des événements — enlèvement de travailleurs, libération des victimes puis reprise présumée des opérations d’extraction et de chargement — alimente les inquiétudes des acteurs de la société civile, qui demandent une intervention rapide des autorités provinciales et nationales.
Les instructions présidentielles toujours pas appliquées ?
Cette situation intervient un peu plus d’un mois après les instructions données le 10 juillet par le président Félix Tshisekedi, demandant aux militaires et autres éléments des forces de sécurité de quitter les sites miniers.
Pour Timothée Mbuya, le maintien présumé de militaires sur certaines zones minières démontre les limites de l’application de cette décision présidentielle.
« Ici, nous sommes toujours dans une zone de non-droit », déplore-t-il, appelant les autorités à prendre des mesures urgentes.
La question dépasse désormais le seul cas de Métalkol. Elle renvoie à un problème plus large : celui de la présence d’éléments armés sur les sites miniers, de la sécurisation des travailleurs et des installations industrielles, mais aussi de la lutte contre l’exploitation et la commercialisation illégales des minerais.
Métalkol face à un enjeu sécuritaire majeur
Métalkol est l’un des acteurs importants de la filière cobalt en République démocratique du Congo. Toute perturbation de ses opérations est donc susceptible d’avoir des conséquences importantes, non seulement pour l’entreprise et ses travailleurs, mais également pour la chaîne d’approvisionnement du cobalt congolais.
Dans ce contexte, les autorités sont désormais attendues sur plusieurs points : identifier les auteurs de l’enlèvement, déterminer les circonstances exactes de la présence des hommes en uniforme sur le site, établir la nature des opérations actuellement menées au village Saddam et vérifier l’implication éventuelle de personnes étrangères dans ces activités.
Les victimes de l’enlèvement devront également pouvoir être entendues afin de contribuer à l’établissement des faits.
Au-delà des déclarations, l’enjeu est désormais de savoir si les instructions visant à éloigner les militaires des sites miniers seront effectivement appliquées. Car à Métalkol, les événements de ces derniers jours ravivent une question préoccupante : qui contrôle réellement certaines zones minières stratégiques du Lualaba ?
Les autorités congolaises, notamment le ministère des Mines et les services compétents, sont appelées à faire toute la lumière sur ces événements et à garantir la sécurité des travailleurs ainsi que l’intégrité des opérations minières.




