Un forum consacré à la gouvernance des ressources naturelles s’est ouvert ce mardi 25 août 2026 à Kinshasa, réunissant plusieurs acteurs de la société civile congolaise engagés dans la promotion de la transparence, de la redevabilité et de la participation citoyenne dans le secteur minier.
Organisées par l’ASBL Oisillons Groupe, avec l’appui de la Friedrich-Ebert-Stiftung, ces assises visent à renforcer les capacités de la société civile afin de lui permettre de mieux influencer les politiques publiques relatives à la gouvernance des ressources naturelles, à travers des propositions concrètes et un plaidoyer coordonné.
Placées sous le thème « Forum des solutions citoyennes sur la gouvernance des ressources naturelles en RDC : de la revendication aux solutions », ces rencontres se tiennent dans un contexte marqué par l’importance croissante des minerais critiques, les enjeux liés à la transition énergétique, le contenu local, le partage des revenus miniers et la justice sociale.
Les participants sont notamment appelés à formuler des recommandations fondées sur des données probantes et à élaborer des stratégies communes de plaidoyer.
De la dénonciation aux propositions concrètes

Dans son mot d’ouverture, le représentant de la Friedrich-Ebert-Stiftung, Constantin Grund, a appelé la société civile congolaise à aller au-delà du simple constat des problèmes liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Il a insisté sur la nécessité de transformer les revendications en propositions concrètes susceptibles d’influencer les décisions publiques.
« Ces enjeux prennent aujourd’hui une nouvelle dimension, avec l’importance croissante des minerais critiques et les transformations liées à la transition énergétique, non seulement en Afrique, mais aussi sur les marchés mondiaux. Il faut réfléchir non seulement à la manière dont nos ressources sont exploitées, mais aussi à la façon dont elles peuvent contribuer à une société plus juste et plus inclusive en RDC et dans les pays producteurs », a-t-il déclaré.
Pour lui, la société civile doit continuer à documenter les réalités du terrain, à porter les préoccupations des communautés et à réclamer davantage de transparence et de redevabilité.
Mais elle doit également être capable de répondre à plusieurs questions essentielles : quelles solutions proposer ? Qui doit agir ? Dans quel délai ? Et comment porter ces propositions auprès des décideurs ?
Constantin Grund a par ailleurs insisté sur l’importance d’une participation effective des jeunes et des femmes dans les processus de gouvernance des ressources naturelles.
Les femmes réclament davantage de formation

La question de la participation des femmes à la gouvernance minière a occupé une place importante dans les échanges.
Intervenant autour du sous-thème « Gouvernance minière sensible au genre : quelles solutions pour une participation équitable des femmes ? », Flore Kayala, coordinatrice de l’association féminine Oisillons Groupe, a relevé le déficit de formation et d’accompagnement dont souffrent encore de nombreuses femmes actives dans le secteur.
Selon elle, bien qu’elles soient présentes dans l’exploitation minière artisanale et au sein de différentes organisations, les femmes restent insuffisamment outillées pour participer pleinement aux processus de décision.
« Nous demandons que les femmes, qu’elles soient impliquées dans l’artisanat minier ou dans d’autres organisations, soient formées sur les notions du secteur minier afin de participer de manière équitable à sa gouvernance. Les femmes ne sont pas suffisamment formées ni accompagnées », a-t-elle déclaré.
Elle estime que le renforcement des capacités techniques des femmes permettrait également de réduire leur vulnérabilité face aux pratiques informelles et d’améliorer leur accès aux opportunités économiques générées par le secteur minier.
Fiscalité, ITIE et gouvernance sensible au genre au cœur des échanges

Trois principaux sous-thèmes ont été abordés par les panélistes au cours de cette première journée.
Il s’agit de « Gouvernance minière sensible au genre : quelles solutions pour une participation équitable des femmes ? », « Fiscalité minière en RDC : comment garantir une mobilisation optimale des recettes au bénéfice du développement local ? » et « Des données à l’action : comment la société civile peut-elle utiliser l’ITIE pour renforcer la redevabilité dans le secteur minier ? ».
Ces échanges ont permis aux participants de confronter leurs expériences et de réfléchir aux moyens de rendre leur action plus efficace auprès des autorités et des communautés.
Des groupes de travail pour passer aux solutions
Les discussions se sont poursuivies en groupes autour de quatre axes majeurs : la transparence et l’accès à l’information, le partage et la redistribution des revenus miniers, le contenu local et l’emploi, ainsi que la gouvernance environnementale et la prise en compte du genre.
Les participants ont été invités à structurer leurs réflexions autour de quatre questions : quel est le principal problème identifié ? Quelle solution peut être proposée ? Qui doit agir ? Et dans quel délai ?
Cette méthode vise à faire évoluer le plaidoyer de la société civile vers une démarche davantage orientée vers les résultats.
À l’heure où la demande mondiale en minerais critiques ne cesse de croître, la capacité des organisations citoyennes congolaises à documenter les réalités du secteur et à formuler des solutions concrètes constitue un enjeu important pour la gouvernance des ressources naturelles en RDC.
À l’issue du forum, les participants devraient formuler des recommandations, élaborer des plans de plaidoyer et valider une feuille de route commune pour orienter les prochaines actions de la société civile dans le secteur minier.
Daniel Bawuna




