Le géant suisse des matières premières Glencore s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de financement. Le groupe est présent en République démocratique du Congo (RDC) à travers ses participations dans Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining. Il prévoit de faire ses débuts à la Bourse australienne le 14 octobre, dans le cadre d’une cotation secondaire destinée à élargir son accès aux investisseurs institutionnels.
Glencore sera coté à l’Australian Securities Exchange (ASX) sous le symbole « GLC ». L’opération, annoncée en août, ne prévoit ni émission de nouvelles actions ni levée de capitaux. Elle vise plutôt à rapprocher le groupe d’un marché financier particulièrement tourné vers les matières premières et les investisseurs spécialisés dans le secteur minier.
L’enjeu dépasse la simple présence sur une nouvelle place boursière. L’Australie dispose d’un important réservoir de capitaux institutionnels et d’un écosystème financier historiquement orienté vers les ressources naturelles. Une cotation locale pourrait faciliter l’accès du groupe à de nouveaux investisseurs, au moment où il cherche à renforcer ses positions dans les métaux jugés stratégiques.
Le cuivre au cœur de la stratégie
Cette offensive intervient alors que Glencore cherche à financer ses ambitions de croissance dans le cuivre. La demande en cuivre est portée par l’électrification, les réseaux électriques et les investissements dans les infrastructures.
Ces ambitions avaient notamment été illustrées par les discussions engagées plus tôt cette année avec Rio Tinto autour d’un éventuel rapprochement entre les deux groupes. Ce projet n’a finalement pas abouti.
La cotation australienne pourrait offrir à Glencore une base élargie d’investisseurs pour accompagner ses futurs projets de croissance, et le cas échéant d’éventuelles opérations de croissance externe.
La RDC reste au cœur du portefeuille cuprifère
Cette stratégie concerne directement la RDC. Glencore est l’un des acteurs majeurs du secteur minier congolais à travers deux actifs. Kamoto Copper Company exploite un important gisement de cuivre et de cobalt dans le Lualaba. Mutanda Mining est l’un des grands actifs de cobalt du pays.
Ces actifs évoluent dans un marché mondial où le cuivre bénéficie actuellement d’une dynamique plus favorable que le cobalt. Le renforcement des capacités de production et la sécurisation des approvisionnements en cuivre constituent donc un enjeu croissant pour les grands groupes miniers.
Les actionnaires préparent la cotation
En vue de cette cotation, les actionnaires britanniques et sud-africains peuvent demander depuis le 24 septembre la conversion de leurs titres en CDI (CHESS Depositary Interests). Ces instruments permettent aux investisseurs australiens de négocier localement les actions d’une société étrangère. Chaque CDI correspondra à une action ordinaire Glencore.
L’opération ne modifie pas la structure du capital de Glencore. Elle ajoute une nouvelle porte d’accès à ses actions pour les investisseurs présents sur l’ASX, une place qui accueille plusieurs des principaux groupes miniers mondiaux.
Un accord d’un milliard de dollars dans les minerais critiques
Glencore poursuit parallèlement ses efforts pour se positionner sur les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Le groupe a signé cette semaine un accord d’enlèvement (offtake) d’un milliard de dollars avec Nth Cycle, une entreprise spécialisée dans la récupération de minerais critiques.
L’accord illustre une autre dimension de la stratégie de Glencore. Au-delà de l’extraction minière traditionnelle, le groupe cherche à renforcer son exposition aux matériaux issus de la récupération et du recyclage.
Entre diversification de ses investisseurs, ambitions dans le cuivre et nouvelles sources de minerais critiques, Glencore adapte son modèle à un marché où la sécurisation des approvisionnements devient aussi importante que la capacité de production.
Pour la RDC, qui accueille certains des actifs cuprifères et cobaltifères les plus importants du groupe, l’évolution de cette stratégie sera à suivre de près.
Olito MUKINZI




