L’État congolais et l’Agence congolaise de l’environnement (ACE) sont également assignés. Les plaignants réclament près de 6,3 millions de dollars en réparation et en dépollution. La première audience s’est tenue ce mardi 3 novembre.
C’est l’une des actions en justice les plus ambitieuses jamais engagées par des communautés riveraines contre une entreprise minière industrielle en RDC. Vingt-sept habitants de Kolwezi, dont huit enfants, poursuivent la Compagnie Minière de Musonoie Global (COMMUS), contrôlée par le groupe chinois Zijin Mining, devant le Tribunal de commerce de Kolwezi. Ils l’accusent de polluer l’air, l’eau et le sol de leurs quartiers au point de détruire leur santé et leur quotidien.
Les plaignants visent aussi l’État congolais et l’ACE, à qui ils reprochent de ne pas avoir correctement surveillé la mine de cuivre et de cobalt ni fait respecter les lois environnementales. La première audience, consacrée aux questions de procédure, s’est tenue ce mardi. Le fond du dossier n’a pas encore été abordé.
« Avant, nous vivions bien »
Parmi les requérants figure Marie (prénom d’emprunt), mère de huit enfants, installée dans le quartier depuis 2010, soit cinq ans avant l’arrivée de COMMUS. Elle décrit un ruisseau autrefois poissonneux, aujourd’hui pollué, obstrué puis détourné.
« Maintenant, nous ne trouvons plus de poissons parce que l’eau contient de l’acide, et nous laver avec cette eau provoque des problèmes de peau. Quand on sort prendre l’air, on ressent une irritation au visage. Nous avons demandé aux autorités de venir constater ce qui se passe, mais nous n’avons jamais reçu d’aide. »
Les riverains affirment par ailleurs n’avoir jamais eu accès à l’étude d’impact environnemental et social (EIES) de la mine, alors que le droit minier congolais exige que ce document soit public. Ils rappellent aussi qu’en décembre 2023, la rupture d’un bassin de retenue des résidus de COMMUS avait inondé un site artisanal voisin et endommagé des maisons, des routes et une école.
Ce que réclament les plaignants
Les demandeurs, représentés par le cabinet congolais MUN Consulting Law Firm, sollicitent la reconnaissance de la responsabilité conjointe de COMMUS, de l’État et de l’ACE. Ils réclament près de 1,3 million de dollars pour leurs problèmes de santé, frais médicaux, pertes de revenus et préjudice moral, ainsi que 5 millions de dollars pour la remise en état de l’environnement.
Au-delà de l’indemnisation, ils demandent au tribunal d’ordonner à COMMUS de cesser les pollutions, de dépolluer les eaux et les sols, de fournir de l’eau potable et de financer une étude sanitaire indépendante. Ils exigent enfin un contrôle renforcé des autorités et l’accès du public aux études environnementales et aux données de suivi de la pollution.
L’action est soutenue par l’ONG britannique RAID et l’organisation congolaise AFREWATCH, qui ne sont toutefois pas parties à la procédure.
La réponse de COMMUS
Interrogée en juillet 2026 par RAID et AFREWATCH, COMMUS a affirmé respecter la réglementation environnementale congolaise et assuré que ses propres mesures montraient une qualité de l’air « généralement » conforme aux normes. L’entreprise estime que la pollution à Kolwezi peut avoir plusieurs origines : conditions géologiques naturelles, anciennes activités minières ou autres industries. Elle met en avant ses mesures de contrôle des poussières et de gestion des eaux usées, et s’est engagée à renforcer la surveillance environnementale indépendante ainsi que le dialogue avec les communautés.




