Les marchés des métaux ont ouvert la journée du mardi 3 novembre dans un climat d’aversion au risque, à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Le cuivre cède du terrain, l’or tente de se redresser après avoir touché son niveau le plus bas de l’année.
Le cuivre perd plus de 1 %
Sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre à trois mois s’échangeait à 14 163,50 dollars la tonne en début de matinée, en baisse de 1,27 %. Outre l’incertitude politique américaine, l’affaiblissement du yuan pèse sur la demande chinoise, en rendant le métal libellé en dollars plus coûteux pour le premier consommateur mondial. À Shanghai, le contrat le plus échangé a reculé de 0,18 %, à 108 380 yuans la tonne. Tous les métaux de base du LME étaient orientés à la baisse, l’étain accusant la plus forte chute (−3,1 %).
La séance de lundi avait pourtant été favorable : le cuivre avait gagné 1,4 % pour finir à 14 349 dollars, soutenu par un dollar plus faible, la baisse du pétrole et la révision des prévisions chiliennes. Le métal rouge reste à un niveau historiquement élevé, quelques centaines de dollars sous son record de 14 940 dollars atteint le 9 septembre. Certains analystes, comme ceux de SP Angel, notent toutefois que la hausse des coûts pourrait ralentir la construction de centres de données liés à l’intelligence artificielle, l’un des moteurs récents de la demande.
Des stocks contrastés
Les stocks dans les entrepôts agréés par le LME sont remontés à 293 775 tonnes, leur plus haut niveau depuis la mi-juillet, après des livraisons à La Nouvelle-Orléans. À l’inverse, les stocks surveillés par la Bourse de Shanghai ont fondu de plus de 75 % en six mois, à 44 612 tonnes, et la prime de Yangshan, baromètre de la demande chinoise de cuivre importé, se maintient près de son plus haut depuis plus de dix ans, autour de 200 dollars la tonne.
Le Chili réduit encore ses prévisions
Côté offre, la Commission chilienne du cuivre (Cochilco) a nettement abaissé ses prévisions de production pour 2026 et prévoit une reprise plus modeste qu’attendu en 2027. Selon des chiffres relayés par Newsquawk, la production chilienne reculerait de 8,4 % cette année, à 4,9 millions de tonnes, avant de remonter de 3 % en 2027. En août, Cochilco tablait encore sur 5,27 millions de tonnes. Pour la RDC, deuxième producteur mondial, cette contraction de l’offre du premier producteur renforce le poids de ses mines du Katanga dans l’approvisionnement mondial.
L’or sous le seuil des 4 000 dollars
L’once d’or évoluait autour de 3 946 dollars mardi matin, après être tombée à environ 3 870 dollars, son niveau le plus bas depuis un an. Le rebond s’explique par la chute de plus de 7 % du Brent, liée à des signaux de discussions entre Washington et Téhéran, qui atténue les craintes inflationnistes. Les analystes de Pepperstone estiment cependant que le métal jaune doit repasser au-dessus de 4 000 dollars pour inverser la tendance baissière.
Le cobalt toujours sous pression
Le cobalt poursuit son repli entamé à la fin de l’été. Les prix ont chuté de près de 25 % en septembre, à une moyenne de 42 053 dollars la tonne, sous l’effet de la hausse des expéditions congolaises et de la montée en Chine des batteries sans cobalt. Le prix de l’hydroxyde de cobalt, principal produit exporté par la RDC, a pour sa part reculé de 31 % au troisième trimestre selon Benchmark. Les exportations congolaises ont accéléré au deuxième trimestre, à 24 086 tonnes de cobalt contenu, contre 17 054 tonnes au premier. Un an après l’entrée en vigueur des quotas, la capacité de Kinshasa à réguler le rythme de ses exportations reste la variable clé du marché.




