Réunis le 5 novembre au George C. Marshall Center, à Paris, les membres du Comité de pilotage conjoint du partenariat entre la République démocratique du Congo et les États-Unis ont tenu leur deuxième session, neuf mois après celle organisée à Washington. Pour le ministre congolais de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, les avancées enregistrées doivent désormais se traduire par des investissements effectifs, des emplois et des réalisations sur le terrain.
Le partenariat économique entre Kinshasa et Washington franchit une nouvelle étape. À l’occasion de cette deuxième session du Comité de pilotage conjoint, les discussions ont porté sur l’état d’avancement des engagements pris par les deux pays, avec une attention particulière accordée aux infrastructures, à l’énergie et à la valorisation des ressources minières.
Dans une publication sur X consultée ce vendredi 6 novembre 2026 par Mines.cd, le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a fait état de plusieurs dossiers ayant progressé depuis la précédente rencontre de Washington.
Parmi les projets évoqués figure le corridor de Lobito, notamment sur le tronçon Dilolo–Sakania. Cette infrastructure stratégique doit contribuer au désenclavement des zones minières du sud de la RDC et faciliter l’acheminement des produits vers les marchés internationaux.
Le projet hydroélectrique Grand Inga demeure également au centre des perspectives de coopération, compte tenu de son potentiel énergétique et des attentes qu’il suscite pour répondre aux besoins en électricité du pays.
Les filières du cuivre et du cobalt, avec une orientation vers le marché américain, figurent aussi parmi les secteurs concernés par les discussions. À ces perspectives s’ajoute la question du cadre fiscal, avec l’évocation d’un dispositif rénové destiné à rassurer les investisseurs et à clarifier les règles applicables.
« De surcroît , un cadre fiscal rénové a été évoqué pour rassurer les investisseurs et clarifier les règles du jeu », a-t-il précisé.
Quatre priorités pour mesurer les retombées du partenariat
Au-delà des projets identifiés, Daniel Mukoko Samba a insisté sur une exigence majeure de la partie congolaise : faire passer les engagements diplomatiques et économiques du stade des accords à celui des investissements effectifs.
« Quatre priorités structurent cette ligne : la transformation locale des ressources, afin que la valeur ajoutée reste en partie en RDC ; l’électricité pour les ménages et les entreprises ; le contenu local, pour associer les entreprises et la main-d’œuvre congolaises ; et la paix dans l’Est du pays, condition indispensable à tout développement durable », a-t-il fait savoir.
Cette approche place la question des retombées économiques au cœur du partenariat. Pour Kinshasa, l’enjeu ne se limite pas à attirer des capitaux ou à faciliter l’accès aux ressources minières congolaises. Il s’agit également de renforcer les capacités de transformation locale, d’améliorer l’accès à l’énergie et de favoriser une participation accrue des entreprises et des travailleurs nationaux.
Le ministre a ainsi défini les critères à partir desquels les résultats de cette coopération devront être appréciés. Le nombre de projets achevés, les emplois créés et le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national constituent, selon lui, les indicateurs déterminants de sa réussite.
Un partenariat attendu sur le terrain
Le choix du George C. Marshall Center pour accueillir cette rencontre confère également une dimension symbolique aux échanges. Associé à la réflexion sur la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, le lieu renvoie à une ambition de coopération structurée autour de la reconstruction et du développement économique.
Pour la RDC et les États-Unis, le défi consiste désormais à donner une traduction concrète aux engagements annoncés. Des infrastructures de transport aux grands projets énergétiques, en passant par les investissements miniers et la transformation locale, les attentes congolaises portent sur des résultats tangibles.
Après les annonces et les engagements diplomatiques, le partenariat RDC–États-Unis sera donc attendu sur sa capacité à produire des changements mesurables dans l’économie nationale et dans le quotidien des populations.
Daniel Bawuna




