Le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, situé à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a enregistré un chiffre d’affaires record de 1,034 milliard de dollars américains au troisième trimestre 2026. Cette performance financière intervient dans un contexte de reprise progressive des activités minières, alors que les coûts de production restent sous pression.
Selon les résultats financiers et opérationnels publiés le 3 novembre par Ivanhoe Mines, le complexe a réalisé un bénéfice d’exploitation de 288 millions de dollars et un EBITDA de 478 millions de dollars, soit une marge de 46 %. Ces résultats dépassent ceux du deuxième trimestre, au cours duquel Kamoa-Kakula avait enregistré 880 millions de dollars de chiffre d’affaires, 160 millions de bénéfice d’exploitation et 385 millions d’EBITDA.
La performance du troisième trimestre a notamment été soutenue par la hausse du prix du cuivre et par les revenus tirés de l’acide sulfurique produit par la fonderie du site. Kamoa-Kakula a vendu 67 025 tonnes de cuivre payable à un prix moyen réalisé de 6,12 dollars la livre.
Ce prix moyen s’explique en partie par le calendrier de fixation des prix. Au 30 septembre, 61 958 tonnes de cuivre vendues étaient encore soumises à une tarification provisoire. Leur réévaluation au cours de clôture de 6,55 dollars la livre a généré un ajustement positif de 20,8 millions de dollars sur le chiffre d’affaires du trimestre.
L’acide sulfurique a également contribué aux recettes. Les états financiers font état de 109 240 tonnes vendues pour environ 100 millions de dollars. La fonderie de Kamoa-Kakula a, de son côté, produit un volume record de 118 638 tonnes d’acide sulfurique au cours de la période. Le prix net moyen réalisé sur ce produit a atteint environ 915 dollars la tonne, soit près du double de celui du trimestre précédent.
La production progresse, les coûts augmentent
Sur le plan opérationnel, Kamoa-Kakula a produit 76 401 tonnes de cuivre contenu dans des produits vendables au troisième trimestre, contre 64 328 tonnes au deuxième trimestre. Ce volume comprend 61 506 tonnes de cuivre en anodes et 5 645 tonnes de cuivre dans des concentrés de scories issus de la fonderie du site, ainsi que 2 347 tonnes de cuivre blister traitées à façon par la Lualaba Copper Smelter, à Kolwezi. S’y ajoutent 6 904 tonnes de fines de cuivre destinées à la vente.
Sur les neuf premiers mois de 2026, la production cumulée atteint 212 146 tonnes de cuivre en produits vendables. Ivanhoe Mines maintient sa prévision d’une production annuelle d’environ 290 000 tonnes.
La hausse de la production s’accompagne toutefois d’une augmentation du coût cash de production, ou C1. Celui-ci s’est établi à 3,00 dollars la livre au troisième trimestre, contre 2,84 dollars au trimestre précédent. Sur les neuf premiers mois de l’année, il s’élève à 2,80 dollars la livre, soit le milieu de la fourchette annuelle annoncée par l’entreprise, comprise entre 2,60 et 3,00 dollars.
Les coûts d’extraction minière sont passés de 1,46 à 1,66 dollar la livre entre le deuxième et le troisième trimestre. Le coût de l’électricité représente désormais 23 % du coût cash total, contre 13,4 % au troisième trimestre 2025. Ivanhoe indique par ailleurs que le prix élevé du diesel continue de peser sur les coûts d’exploitation.
Les cadences d’extraction ont néanmoins augmenté de 20 % par rapport au trimestre précédent, pour dépasser 1,2 million de tonnes par mois. Cette progression a notamment été favorisée par une hausse de 84 % de l’abattage en chambres, selon Ivanhoe. Grâce au programme d’amélioration technique Project 95, achevé fin juin, les concentrateurs des phases 1 et 2 ont affiché un taux moyen de récupération du cuivre de 89 % au troisième trimestre, contre 83 à 85 % auparavant. Un record de 92 % a ensuite été atteint pendant deux semaines à la mi-octobre.
43 000 tonnes de cuivre encore en stock
À la fin du troisième trimestre, le complexe détenait environ 43 000 tonnes de cuivre invendu en stock, contre quelque 40 000 tonnes au début de la période. Ces stocks comprennent notamment du cuivre contenu dans des concentrés non encore vendus, du cuivre présent dans le circuit de la fonderie ainsi que des produits hors spécifications destinés à être vendus à des tiers.
Ivanhoe Mines prévoit de ramener ces stocks entre 35 000 et 40 000 tonnes d’ici à la fin de 2026. L’entreprise indique que la vente des 6 904 tonnes de fines de cuivre devrait commencer au quatrième trimestre.
Kamoa-Kakula est détenu à 80 % par Kamoa Holding, une coentreprise entre Ivanhoe Mines et Zijin Mining, qui détiennent chacune une participation indirecte de 39,6 % dans le complexe. L’État congolais détient les 20 % restants. Le complexe emploie plus de 7 785 salariés à plein temps, dont plus de 90 % de Congolais.
Les résultats du troisième trimestre témoignent ainsi de l’amélioration des performances financières et opérationnelles de Kamoa-Kakula, malgré la hausse des coûts de production et la persistance d’un volume important de cuivre invendu.




