Kinshasa. L’Union des sociétés minières aux capitaux chinois en République démocratique du Congo (USMCC) a fermement rejeté les informations faisant état d’une présence excessive d’uranium dans les produits de cobalt issus des exploitations minières chinoises opérant dans le sud-est du pays. Dans une déclaration publiée mercredi, l’organisation qualifie ces accusations d’« infondées » et estime qu’elles sont de nature à porter atteinte à la crédibilité du secteur cobaltier congolais sur les marchés internationaux.
Cette prise de position intervient quelques jours après la publication d’une enquête du Financial Times, réalisée en partenariat avec Lighthouse Reports, qui évoquait des dépassements des seuils d’uranium dans certains minerais de cobalt produits en RDC entre 2016 et 2020.
L’USMCC affirme respecter les normes en vigueur
Selon l’organisation, une vérification interne menée auprès de ses entreprises membres n’a révélé aucune anomalie concernant la teneur en uranium des produits extraits, transformés et exportés.
L’USMCC soutient que les sociétés minières chinoises opérant en République démocratique du Congo appliquent les exigences prévues par la réglementation minière nationale ainsi que les standards internationaux d’analyse et de contrôle de qualité.
« Aucun produit de cobalt extrait, transformé et exporté par les entreprises minières chinoises en activité dans le sud-est de la RDC ne présente une teneur excessive en uranium », affirme l’organisation dans son communiqué.
Des traces naturelles, mais pas d’exploitation d’uranium
L’association reconnaît que les produits d’hydroxyde de cobalt peuvent contenir des traces naturelles d’uranium, une caractéristique liée à la géologie de la ceinture cuprifère d’Afrique centrale.
Toutefois, elle insiste sur le fait que ces concentrations demeurent très faibles et largement inférieures aux niveaux susceptibles de permettre une exploitation industrielle rentable de cette substance radioactive.
Pour l’USMCC, ces traces naturelles ne remettent nullement en cause la conformité des produits exportés ni leur commercialisation sur les marchés internationaux.
Une activité strictement encadrée
L’organisation rappelle par ailleurs que toute activité relative à l’exploration, à l’exploitation, à la transformation ou au commerce de l’uranium relève exclusivement des autorités compétentes de la République démocratique du Congo et reste soumise à un encadrement juridique spécifique.
Elle souligne que les entreprises minières membres exercent leurs activités dans le respect de la législation congolaise applicable aux substances radioactives.
Appel à la prudence face aux informations diffusées
Face aux informations relayées sur les réseaux sociaux et dans certains milieux spécialisés, l’USMCC invite ses partenaires commerciaux, les investisseurs et l’opinion publique à faire preuve de discernement et à éviter la diffusion de ce qu’elle considère comme des informations non vérifiées.
L’organisation annonce également la poursuite de ses contrôles réguliers sur la qualité des produits de ses membres et affirme vouloir renforcer la transparence dans la publication des résultats d’analyses afin de préserver la réputation du cobalt congolais.
Un enjeu stratégique pour la RDC
Premier producteur mondial de cobalt, la République démocratique du Congo occupe une place centrale dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des batteries destinées aux véhicules électriques, aux systèmes de stockage d’énergie et aux nouvelles technologies.
Dans ce contexte, toute polémique susceptible d’affecter la qualité ou la conformité des exportations de cobalt est suivie avec une attention particulière par les acteurs du secteur minier, les autorités congolaises et les marchés internationaux.
Pierre Kabakila




