Hausse des salaires, routes réhabilitées, formation des jeunes, appui aux entreprises locales et lutte contre les inondations : l’entreprise dresse le bilan de son implantation à Manono.
Depuis son implantation dans la région de Manono, dans la province du Tanganyika, Manono Lithium SAS dit rester fidèle à trois principes : construire avec les acteurs locaux, partager les bénéfices du développement et promouvoir une croissance respectueuse de l’environnement. Désenclavement, essor du commerce, hausse des revenus, formation et restauration écologique : la localité, longtemps isolée, connaît une transformation sociale, économique et environnementale saluée par les autorités locales, les habitants et les commerçants.
| EN CHIFFRES■ × 2,5 à 3 : niveau des salaires mensuels dans la région par rapport à 2023■ Plusieurs milliers : emplois locaux créés, directs et indirects■ 12 heures : durée du trajet Lubumbashi–Manono, contre plus d’une semaine auparavant■ 7 heures : durée du trajet Manono–Kalemie■ 68 : employés d’exécution promus à des postes d’encadrement■ 250 : jeunes formés en partenariat avec l’Université de Manono■ Un peu plus de 6 millions $ : consacrés à 84 actions d’intérêt général et projets communautaires |
I. Des salaires en hausse et des routes réhabilitées
Des revenus multipliés par deux et demi à trois
Pour les habitants, la hausse des salaires est le bénéfice le plus tangible. En 2023, les salariés des entreprises de la région de Manono ne percevaient généralement que 8 000 francs congolais, un revenu qui suffisait à peine à couvrir l’alimentation et l’habillement.
Depuis l’arrivée de Manono Lithium SAS, qui a tiré les rémunérations locales vers le haut, les salaires mensuels dans la région représentent 2,5 à 3 fois leur niveau de 2023. De nombreux employés qui peinaient à joindre les deux bouts peuvent désormais épargner et planifier les dépenses de leur foyer.
« Il y a deux ans, mon travail me permettait tout juste de manger à ma faim. Aujourd’hui, mon salaire suffit à faire vivre ma famille, à scolariser mes enfants et à acheter les produits du quotidien. »
— un employé, deux ans d’ancienneté
L’entreprise affirme avoir créé, directement et indirectement, plusieurs milliers d’emplois locaux stables, qui assurent un socle de sécurité matérielle à autant de familles.
Des conditions de travail améliorées

Au-delà des salaires, l’entreprise met en avant le respect des droits de ses employés. Elle a ouvert une cantine sur le lieu de travail et leur fournit régulièrement, en complément des repas, de la viande, des légumes et d’autres denrées.
Des réunions d’échange et des visites à domicile permettent de recueillir leurs préoccupations et d’y apporter des réponses. Les employés les plus méritants sont régulièrement distingués.
Des routes qui désenclavent Manono
Le mauvais état des routes a longtemps freiné le développement de Manono. Un trajet depuis Lubumbashi ou Kalemie prenait plus d’une semaine, et près d’un mois en saison des pluies.
Manono Lithium SAS a mobilisé d’importants moyens humains, matériels et financiers pour réhabiliter en priorité deux axes : au sud, la route Manono–Likasi ; à l’est, la route Manono–Kalemie. Le trajet Lubumbashi–Manono ne dure plus que 12 heures, et le trajet Manono–Kalemie 7 heures. La localité sort de son isolement, et la flambée des prix qui accompagnait chaque saison des pluies a pris fin.
Un cercle vertueux pour le commerce
La baisse des coûts logistiques se répercute directement sur les prix. Les marchandises d’autres régions approvisionnent régulièrement les marchés locaux, tandis que les produits agricoles et artisanaux de Manono trouvent preneurs dans les grandes villes.
Revenus en hausse, consommation dynamisée, commerce en essor et prix stables : un cercle vertueux s’est installé.
« Les routes sont ouvertes, nous avons davantage d’argent et les produits sont moins chers. Les affaires marchent de mieux en mieux et la vie des habitants s’améliore. »
— des commerçants du marché local
Dans les rues de Manono, les motos neuves se multiplient et les chantiers de construction s’ouvrent un peu partout.
II. Former les talents et soutenir l’entrepreneuriat local
Un dispositif de formation à plusieurs niveaux
Face à la faiblesse du tissu industriel, au manque de professionnels qualifiés et à la faible employabilité de la main-d’œuvre, l’entreprise a mis en place des formations adaptées aux différents niveaux de compétences.
Plusieurs programmes se complètent : développement des talents locaux, accompagnement des jeunes, tutorat, formations techniques et partenariat avec l’Université de Manono. Accompagnement individuel, exercices pratiques et encadrement sur le terrain permettent d’acquérir des compétences métier, des méthodes de gestion et les exigences de sécurité.
À ce jour, 68 employés d’exécution ont été promus à des fonctions d’encadrement de proximité ou intermédiaire. Parallèlement, 250 jeunes de la région sont formés en partenariat avec l’Université de Manono.
Du travail manuel à l’emploi qualifié
Grâce à des formations gratuites et structurées, des travailleurs auparavant cantonnés à la manutention sont devenus techniciens, techniciens de laboratoire, conducteurs, techniciens agricoles ou auditeurs ; certains ont accédé à des fonctions de management. Leur rémunération et leur statut ont progressé, et la région dispose désormais d’un vivier local de compétences techniques.
Ouvrir les marchés aux entreprises locales
L’entreprise dit défendre une coopération ouverte et le partage des bénéfices. Appels d’offres ouverts, partenariats conformes aux règles et appui en ressources doivent permettre aux commerçants indépendants et aux petites entreprises locales de devenir progressivement des sous-traitants à part entière.
M. Banza : d’un autocar à sept
Entrepreneur local, M. Banza s’est lancé grâce aux débouchés créés par l’entreprise et à un prêt accordé selon les règles applicables. Parti d’un seul autocar, il en possède aujourd’hui sept et assure, dans le cadre d’un contrat de long terme, le transport du personnel du site.
Palm Tree : de dix à plusieurs centaines d’employés
La société lushoise Palm Tree a remporté un important marché de travaux à l’issue d’un appel d’offres ouvert. Ses effectifs sont passés d’un peu plus de dix personnes à plusieurs centaines. Désormais implantée au Tanganyika, elle s’affirme comme une entreprise montante des infrastructures régionales.
Selon l’entreprise, ces exemples dessinent pour Manono un modèle de développement fondé sur la formation locale, la diversification économique et l’essor industriel.
III. Développement durable : en finir avec un siècle d’inondations
Avril 2024 : la digue belge cède
Selon les habitants, la région de Manono subit des inondations récurrentes depuis plus d’un siècle. Fin avril 2024, une digue de retenue construite à l’époque belge à l’est de la route nationale N33, fragilisée par l’âge et le manque d’entretien, a cédé sous la poussée des eaux.
Les crues ont emporté de larges portions de la N33, endommagé le pont Lukushi 1 et submergé terres agricoles et briqueteries en aval. Biens, voies de communication et infrastructures ont subi de lourds dommages.
[Photo : Inondations d’avril 2024]
Le chantier du lac Lukushi
Tout juste implantée, avec des moyens financiers, humains et matériels encore limités, l’entreprise a répondu aux demandes des autorités municipales, des communautés et aux pétitions des habitants. Elle a fait de l’aménagement hydraulique du lac Lukushi l’une de ses principales actions de l’année, en y consacrant plusieurs millions de dollars.
Les travaux comprennent une digue de protection et une dérivation du cours d’eau, afin d’assurer à la fois la protection contre les crues, la circulation et l’irrigation.
Le lac Lukushi est un lac artificiel. Son débit moyen interannuel est d’environ 25,8 m³/s ; il peut dépasser 300 m³/s en saison des pluies et descendre à environ 10 m³/h en saison sèche. Selon l’entreprise, le nouveau barrage et la dérivation n’affectent ni les débits existants ni l’environnement ; le nouveau lit a en outre résolu l’envasement de l’ancien et amélioré la qualité de l’eau en aval.
Plus de 6 millions de dollars pour 84 actions
Au total, l’entreprise a consacré un peu plus de 6 millions de dollars à 84 actions d’intérêt général et projets communautaires : réparation d’infrastructures, aide aux communautés, santé, éducation, sport, accès à l’eau potable et soutien aux organisations de la société civile.
Perspectives : un avenir suspendu aux cours du lithium
Manono Lithium SAS affirme vouloir poursuivre son engagement : améliorer les avantages sociaux de ses employés, former les talents locaux, soutenir l’économie et préserver l’environnement, pour contribuer au développement socioéconomique durable de la région.
L’entreprise souligne toutefois une menace. Les cours internationaux du lithium sont très volatils, avec un écart d’environ un à dix entre leurs plus bas et leurs plus hauts de ces dernières années. Cette instabilité freine l’investissement dans le lithium en roche dure et peut rapidement entraîner des pertes, voire des faillites.
Les cours ont actuellement reculé de plus de 50 % par rapport à leur sommet de l’année, se rapprochant du seuil de viabilité de nombreuses mines. Manono, qui a déjà manqué un précédent cycle de hausse, voit de nouveau ses perspectives de développement mises à l’épreuve.




