La gestion de la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO) s’invite au contrôle parlementaire. À l’Assemblée nationale, le député John Efambe Ekamba veut obtenir des réponses précises de la direction de cette entreprise publique historique de l’or congolais, confrontée à des interrogations sur sa situation financière et ses perspectives de relance.
Dans une question orale avec débat adressée au directeur général, Yannick Nzonde Mulundu, l’élu du Mouvement de libération du Congo (MLC) demande à la direction de communiquer des données détaillées sur la dette globale de la société, les salaires impayés et l’état d’exécution de son plan quinquennal de relance.
La démarche porte également sur le partenariat conclu avec Shari Minerals pour le développement du projet aurifère de Mongbwalu, en province de l’Ituri. Le député réclame la communication du contrat signé entre les deux parties.
Passif, salaires et financement de la relance
L’interpellation parlementaire s’articule autour de plusieurs préoccupations liées à la gestion de la SOKIMO.
Le député veut d’abord connaître le montant exact du passif de l’entreprise. Il demande à la direction de présenter une situation chiffrée de sa dette globale, afin de disposer d’une meilleure visibilité sur les engagements financiers de la société.
Les arriérés de salaires constituent un autre volet de la démarche. Leur situation soulève la question des ressources disponibles pour assurer le fonctionnement de l’entreprise et répondre aux obligations envers son personnel.
John Efambe Ekamba s’intéresse également au plan quinquennal de relance. Il souhaite obtenir des précisions sur son coût, les sources de financement mobilisées et le niveau d’exécution des mesures annoncées.
À travers ces questions, l’élu cherche à établir les conditions financières et opérationnelles dans lesquelles la SOKIMO entend redresser ses activités.
Mongbwalu, le contrat Shari Minerals au centre des interrogations
Le partenariat conclu avec Shari Minerals pour le projet aurifère de Mongbwalu constitue l’un des principaux points de l’interpellation.
Situé en Ituri, ce projet figure parmi les perspectives de développement de la production aurifère de la SOKIMO. La première production est annoncée pour septembre 2027, selon les éléments évoqués dans la demande parlementaire.
Pour John Efambe Ekamba, la communication du contrat permettrait aux députés d’examiner les conditions de ce partenariat et les engagements pris par les parties.
La répartition du capital, les obligations de financement, les redevances éventuelles et le calendrier de développement figurent parmi les éléments déterminants pour apprécier les retombées économiques attendues de l’exploitation.
L’élu réclame ainsi que le directeur général mette le contrat à la disposition de la représentation nationale.
Au-delà du calendrier de production annoncé, l’enjeu porte sur les conditions dans lesquelles la SOKIMO et l’État congolais pourront bénéficier de la mise en valeur de ce gisement.
La transparence au cœur du contrôle parlementaire
Cette initiative intervient dans un contexte où la gestion des entreprises publiques minières et la transparence des partenariats constituent des enjeux importants pour la gouvernance du secteur extractif en RDC.
La question orale avec débat offre aux députés un cadre pour interroger la direction de la SOKIMO sur ses choix de gestion, ses engagements financiers et les perspectives de redressement de l’entreprise.
L’examen du passif, des arriérés de salaires et du financement du plan quinquennal doit permettre de mieux cerner les conditions de la relance.
Le dossier Mongbwalu ajoute une dimension contractuelle à cette démarche, avec une demande de communication d’un document portant sur un projet aurifère dont les retombées dépendront notamment des engagements respectifs des partenaires.
La direction attendue devant les élus
La suite de la procédure dépend désormais du Bureau de l’Assemblée nationale, appelé à donner les suites nécessaires à cette interpellation et à organiser, le cas échéant, la comparution du directeur général de la SOKIMO devant les députés.
Yannick Nzonde Mulundu devra alors répondre aux préoccupations soulevées par l’élu, notamment sur la situation financière de l’entreprise, les obligations envers son personnel et les perspectives de relance.
Entre les difficultés financières évoquées, les attentes des travailleurs et les ambitions liées au projet de Mongbwalu, la SOKIMO se trouve au centre d’un exercice de redevabilité sur sa gestion et ses perspectives.
Les réponses de sa direction permettront aux députés de disposer d’éléments plus précis sur les conditions de redressement de cette entreprise publique et sur les engagements liés à son partenariat aurifère en Ituri.
Daniel Bawuna




