La formalisation de l’exploitation minière artisanale en République démocratique du Congo ne peut se limiter à l’adoption de cadres réglementaires. Elle doit également s’appuyer sur l’inclusion financière, l’accès aux services numériques et le renforcement des capacités économiques des communautés locales. C’est le message porté par Taty Furume, Directeur général adjoint de Vodacash, lors d’un panel organisé dans le cadre de la DRC Mining Week 2026 à Lubumbashi.
S’exprimant devant les principaux acteurs du secteur minier, le responsable de Vodacash a mis en avant le potentiel des services financiers numériques pour accompagner la transformation progressive d’un secteur qui emploie des centaines de milliers de Congolais, mais qui reste encore largement informel.

Selon lui, la formalisation de l’exploitation artisanale passe notamment par l’intégration des exploitants miniers dans les circuits financiers formels. Un accès accru aux moyens de paiement électroniques, à l’épargne, au crédit ainsi qu’à une identité financière reconnue permettrait non seulement de sécuriser les revenus des mineurs, mais également de renforcer la transparence des transactions tout au long de la chaîne de valeur.
« Une exploitation minière artisanale plus responsable se construit en créant davantage d’opportunités économiques, en renforçant l’inclusion financière et en permettant à chacun de participer pleinement à l’économie formelle », a déclaré Taty Furume.

Le Directeur général adjoint de Vodacash a rappelé que la plateforme M-Pesa compte aujourd’hui plus de 8,5 millions d’utilisateurs en RDC. À travers cet écosystème financier numérique, plus de 120 millions de dollars américains de microcrédits ont été octroyés, contribuant à l’autonomisation économique de nombreux ménages et entrepreneurs à travers le pays.
Pour l’entreprise, les paiements numériques et la traçabilité financière constituent des outils stratégiques pour réduire les risques liés à la circulation d’importantes sommes d’argent liquide, tout en améliorant la sécurité et la gouvernance dans les zones minières.
Au-delà des solutions financières, Vodacash estime que la transformation durable du secteur minier artisanal passe également par des investissements dans le capital humain. La formation des jeunes, le développement des compétences numériques et l’appui à l’entrepreneuriat local figurent parmi les priorités mises en avant afin de diversifier les opportunités économiques au sein des communautés minières.
Au cours des échanges, Taty Furume a insisté sur la nécessité de placer les populations locales au cœur de la croissance du secteur extractif. Selon lui, l’inclusion financière constitue aujourd’hui un levier concret de formalisation, tandis que le renforcement des compétences et la promotion de l’entrepreneuriat représentent des facteurs essentiels pour favoriser un développement plus inclusif et durable.

Alors que les enjeux liés à la traçabilité des minerais et à la gouvernance du secteur artisanal demeurent au centre des débats, l’intervention de Vodacash a mis en lumière le rôle croissant des innovations financières dans la construction d’un écosystème minier plus transparent, plus sécurisé et davantage intégré à l’économie formelle.




