La République démocratique du Congo veut renforcer la valorisation de ses minerais critiques en développant la transformation locale et les chaînes de valeur liées notamment à l’industrie des batteries. C’est l’un des enjeux mis en avant lors d’un panel consacré à la « Transformation locale, valorisation et industrialisation : développer la transformation locale et les chaînes de valeur de batteries ».
Au sortir de ce panel, le directeur général adjoint de l’Entreprise générale du cobalt (EGC), Dodie Mobutu, a insisté sur l’importance de la traçabilité, de la transformation et de la maîtrise de la chaîne de valeur des minerais issus de l’exploitation artisanale.
Selon lui, l’EGC joue un rôle central dans l’encadrement de cette production. Entreprise publique placée sous la tutelle du ministère du Portefeuille, elle est chargée, d’après son dirigeant, du rachat, de la transformation et de la commercialisation des minerais stratégiques issus de l’exploitation artisanale.
« La canalisation de tous les minerais artisanaux » constitue ainsi l’une des missions essentielles de l’entreprise, a expliqué Dodie Mobutu.
Restructurer un secteur marqué par un lourd héritage
L’EGC fait toutefois face à d’importants défis dans l’accomplissement de cette mission. Le responsable évoque notamment l’héritage de plusieurs années de fonctionnement du secteur artisanal, que l’entreprise cherche aujourd’hui à restructurer.
« Nous faisons face aujourd’hui à l’actif dans le secteur artisanal de 20 ans passés, que nous sommes en train de restructurer et de remettre en forme et en place », a-t-il déclaré.
Pour l’EGC, cette restructuration doit permettre de faire émerger un secteur artisanal davantage formalisé et responsable. L’objectif affiché est de mieux organiser la production, de renforcer la traçabilité et d’améliorer la maîtrise des minerais tout au long de la chaîne de valeur.
Cette démarche intervient dans un contexte où la RDC cherche à ne plus se limiter à l’extraction et à l’exportation de ses ressources, mais à accroître leur valeur ajoutée sur le territoire national.
Le corridor de Lobito, une première expérience

Autre sujet abordé au sortir du panel : la première exportation de cobalt effectuée par l’EGC via le corridor de Lobito.
Dodie Mobutu présente cette opération comme une phase d’expérimentation destinée à tester concrètement cet itinéraire reliant les zones minières de la RDC au port angolais de Lobito.
L’objectif était notamment d’identifier les contraintes logistiques et opérationnelles liées à ce nouvel axe et d’en tirer des enseignements pour les prochaines opérations.
« Il fallait expérimenter cet axe-là et voir quels sont les défis qu’on a à rencontrer ou qu’on devrait rencontrer », a expliqué le directeur général adjoint de l’EGC.
Cette première expérience doit permettre à l’entreprise de mieux préparer ses prochaines expéditions et d’évaluer les avantages de cette voie, tout en maintenant les autres corridors traditionnellement utilisés pour l’exportation des minerais.
Vers une meilleure valorisation du cobalt
À travers ces différentes initiatives, l’enjeu dépasse donc la seule exportation du cobalt. Il s’agit pour la RDC de renforcer progressivement la chaîne de valeur de ses minerais critiques, depuis la production artisanale jusqu’à la transformation, avec en perspective le développement d’activités industrielles liées notamment aux matériaux destinés à la fabrication des batteries.
Le défi reste toutefois majeur : transformer davantage sur place les ressources extraites du sol congolais et faire en sorte que la richesse générée par les minerais critiques bénéficie davantage à l’économie nationale.
Pour l’EGC, la formalisation du secteur artisanal, la traçabilité et l’expérimentation de nouveaux corridors logistiques constituent des étapes importantes vers cette ambition.
Pierre Kabakila




