La vulgarisation du diagnostic sur la corruption conduit par l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) et le Natural Resource Governance Institute (NRGI) s’est poursuivie lundi à Kinshasa avec les membres de la société civile.
Intitulé « Diagnostic de corruption dans la filière cupro-cobaltifère du secteur minier en RDC », ce rapport couvre notamment l’ex-province du Katanga, épicentre de la production industrielle et artisanale de cuivre et de cobalt.
La RDC, qui dispose d’importantes réserves de cobalt, fait face à des risques de corruption dans ce secteur, dans un contexte où le pays occupe une place stratégique dans la transition énergétique mondiale. C’est ce qu’a souligné Moïse Liboto, du NRGI, revenant sur les échanges avec les membres de la société civile, après une première séance organisée avec les acteurs gouvernementaux.
L’objectif de ces consultations est de recueillir les observations des différentes parties prenantes afin d’enrichir le rapport, de confronter les points de vue et d’aboutir à un document représentatif des préoccupations exprimées par les acteurs concernés.
« Il s’agit de la suite d’une activité en cours, qui va se poursuivre pendant un certain temps pour la vulgarisation. C’est le premier rapport de diagnostic dans le secteur extractif, spécifiquement sur la filière cuivre-cobalt. Aujourd’hui, nous nous sommes réunis avec les acteurs de la société civile et l’APLC, co-productrice de ce rapport et également consommatrice, car ce document orientera, à un certain degré, leur travail d’amélioration de la transparence dans le secteur extractif », a-t-il déclaré.
Il a souligné que le travail avec la société civile visait à enrichir le rapport, afin que sa version définitive puisse intégrer les différents retours des acteurs concernés.
Trois domaines à haut risque identifiés
Le diagnostic, mené depuis 2024 par l’APLC avec l’appui technique du NRGI, couvre trois domaines : l’octroi des titres ou licences d’exploitation, la gestion des entreprises minières ainsi que la gouvernance environnementale et sociale.
Ces trois domaines ont été identifiés comme présentant des risques élevés de corruption, avec des conséquences potentiellement importantes pour les communautés locales comme pour la RDC dans son ensemble.
Moïse Liboto a toutefois précisé que ce travail ne se limiterait pas à la seule filière cupro-cobaltifère. D’autres secteurs pourraient faire l’objet de diagnostics à l’avenir.
Dans le cadre de ce travail, le Natural Resource Governance Institute (NRGI) a apporté son appui technique, notamment à travers son outil de diagnostic des risques de corruption dans le secteur extractif, déjà utilisé dans plusieurs pays.
Ce rapport s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large d’assainissement du secteur extractif congolais. Il constitue une base de travail pour alimenter la réflexion sur les réformes, renforcer la transparence et améliorer la redevabilité des différents acteurs de la chaîne de valeur minière.
Daniel Bawuna




