À quelques mois d’une échéance déterminante pour la République démocratique du Congo, les acteurs de la gouvernance des ressources extractives affinent les derniers paramètres qui serviront de base au futur Rapport ITIE-RDC 2024. Réunis du 28 au 30 juillet 2026 à Lubumbashi, les représentants de l’État, des entreprises extractives et de la société civile ont passé au peigne fin les projets de cadrage du Rapport ITIE-RDC 2024 et du Rapport annuel d’avancement (RAA) 2025, en prélude à la prochaine validation internationale de la RDC par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).
Ouverte par le Coordonnateur national de l’ITIE-RDC, Jean-Jacques Kayembe, cette rencontre technique visait à consolider les bases méthodologiques qui guideront la production du rapport, tout en s’assurant que celui-ci réponde pleinement aux exigences de la Norme ITIE 2023.
Le cadrage, pierre angulaire du futur rapport
D’entrée de jeu, Jean-Jacques Kayembe a tenu à lever une confusion fréquente entre le document de cadrage et le rapport ITIE lui-même.
« Le cadrage est le plan. Le rapport ITIE est l’édifice à construire », a-t-il expliqué.
Pour le Coordonnateur national, cette étape constitue le socle sur lequel reposera l’ensemble du processus de collecte et d’analyse des données. Le document de cadrage fixe notamment le périmètre des entreprises concernées, les administrations publiques à prendre en compte, les flux financiers à analyser, les seuils de matérialité ainsi que les méthodes de collecte des informations.
Le projet élaboré par le Secrétariat technique avait déjà été examiné par le Comité exécutif avant d’être transmis aux différentes parties prenantes. Ces dernières ont formulé près d’une centaine de propositions d’amélioration, qui ont été examinées tout au long de l’atelier.
Définir clairement le périmètre des déclarations
Les échanges ont permis de préciser plusieurs éléments essentiels qui détermineront la qualité du futur Rapport ITIE-RDC 2024.
Contrairement au rapport définitif, qui sera élaboré par un Administrateur indépendant chargé de rapprocher les déclarations des entreprises extractives et celles des administrations publiques, le document de cadrage repose exclusivement sur les informations communiquées par les institutions publiques.
Cette distinction méthodologique est jugée essentielle pour garantir la cohérence du processus avant le lancement de la collecte des données auprès de l’ensemble des entités concernées.
Une validation internationale en ligne de mire
L’atelier intervient dans un contexte particulièrement stratégique pour la RDC.
Le Coordonnateur national Jean-Jacques Kayembe a rappelé que le pays souhaite entrer officiellement en validation internationale à partir du 1er octobre 2026.
Le Rapport ITIE-RDC 2024 constituera l’un des principaux documents examinés au cours de cette évaluation internationale. Bien que la publication officielle reste prévue au plus tard le 31 décembre 2026, le Secrétariat technique entend finaliser le rapport avant cette échéance afin de présenter un dossier complet lors de la validation.
Cette anticipation doit permettre de démontrer les progrès réalisés par la RDC dans la mise en œuvre de la transparence et de la bonne gouvernance des ressources naturelles.
Un Rapport annuel d’avancement placé sous le signe des vingt ans de l’ITIE-RDC
Au-delà du cadrage du Rapport ITIE-RDC 2024, les participants ont également examiné le projet de Rapport annuel d’avancement 2025.
Ce document revêt une portée particulière puisqu’il retrace les principales réalisations accomplies au cours d’une année marquée par le vingtième anniversaire de la mise en œuvre de l’ITIE en République démocratique du Congo.
Le rapport revient notamment sur les progrès enregistrés dans l’application de la Norme ITIE 2023, l’exécution du plan de travail, le suivi des recommandations issues des précédents rapports, la participation des trois collèges, le financement du processus ainsi que les efforts entrepris pour améliorer l’accès du public aux données extractives.
Il met également en évidence les initiatives destinées à renforcer l’utilisation des informations issues des rapports ITIE par les décideurs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les citoyens.
Consolider les acquis avant une étape décisive
À l’issue des trois jours de travaux, les différentes parties prenantes ont réaffirmé leur volonté commune de produire des rapports conformes aux standards internationaux et capables de refléter fidèlement la gouvernance du secteur extractif congolais.
Pour Jean-Jacques Kayembe, cette démarche participative constitue un gage de crédibilité et de qualité technique. Elle permettra à la RDC d’aborder sa prochaine validation internationale avec des outils méthodologiques consolidés et des données plus fiables.
À quelques semaines de cette échéance majeure, l’atelier de Lubumbashi apparaît ainsi comme une étape stratégique dans le renforcement de la transparence, de la redevabilité et de la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
Junior Ngandu




